"Notre printemps est un printemps

Qui a raison "

Paul Eluard



vendredi 7 février 2014










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mardi 28 janvier 2014

Printemps tunisien


"Notre printemps est un printemps  Qui a raison " Paul Eluard
En ce mois de janvier 2014, c’est le printemps en Tunisie !
Le printemps, c’est-à-dire l’espoir, la renaissance, le renouveau…
Elles sont là ces petites graines de liberté et de démocratie qui ensemencées au cours des mois de l’après dictature, voire même avant,  ont lentement couvé sous terre... elles ont germé petit à petit, sans cesse confrontées aux intempéries diverses, aux orages de toutes sortes... et puis faisant fi de toutes ces tempêtes - peut être ont-elles bénéficié des « layali essoud » ? - ces nuits noires propices aux travaux des champs...  elles ont enfin percé la terre et donné aux tunisiens ce Printemps en avance sur la saison ...
Une Constitution nouvelle est née ! Cette Constitution "Phare démocratique pour la Méditerranée" selon Pouria Amirshahi ...
Et même si comme le dit Monia Ben Jémia professeur de droit "Ce n’est pas la constitution dont je rêvais, ni celle que je redoutais.", quelle avancée !
"C’est bien que les cauchemars ne se réalisent pas, c’est un véritablement soulagement quand on se réveille et on se dit «ce n’était qu’un cauchemar» Quant aux rêves, ils ne se réalisent pas tous. Certains se réalisent, la parité par exemple. Et si un seul rêve se réalise, l’espoir est là. Il est déjà dans l’ambiguïté des textes, qui disent oui et non. Ce n’est pas que non, c’est oui aussi."
Mabrouk pour la Tunisie !  C’est une si belle victoire après tant de mois d’attente et de déceptions, d'espoir et de découragement. Certes c’est encore si fragile, tout est encore à faire, à construire mais l’espoir est là au cœur de ce mois de janvier !
Oui, "la Tunisie réveille l'espoir démocratique" comme l'écrit Pierre Puchot dans Médiapart. Face à ses voisins libyens et égyptiens confrontés à la violence, la Tunisie avance... mais " Plus que jamais, il faut accompagner la Tunisie. La France et l'Europe, trop souvent spectatrices ou réticentes, doivent se mobiliser au service de cet espoir démocratique qui se concrétise enfin dans le monde arabe."














mardi 14 janvier 2014

Formidable Tunisie !


14 janvier 2014 : une nouvelle année commence. Eh oui, aujourd’hui c’est aussi le premier jour du calendrier berbère sur lequel se fonde bon nombre d’activités agricoles  tunisiennes.
14 janvier 2014 : An III de la Révolution
D’accord les grèves, manifestations et émeutes continuent… D’accord les délais proposés par le Dialogue national ne sont pas tenus… D’accord l’ex premier ministre continue de placer ses gens aux postes stratégiques et se permet de faire des promesses qu’il n’a pas pu tenir... D’accord les problèmes sécuritaires perdurent... D’accord les Etats Unis auraient  installé une base militaire dans le sud du pays… D’accord l’économie est en berne… D’accord pour l’immense majorité des tunisiens rien n’a vraiment changé si ce n’est l’augmentation des prix … Et la liste des désagréments peut encore s’allonger…
Mais  quelle avancée en quelques jours : une assemblée constituante qui a déjà adopté un bon nombre d’articles avec des principes auxquels on n’aurait jamais cru il y a un mois : caractère civil de l’Etat, , liberté d’opinion, préservation des acquis des femmes, égalité hommes femmes, parité dans les assemblées élues, , nomination du président de l’ISIE, nomination d’un nouveau 1er ministre chargé de former un nouveau gouvernement... et tout ça sous la pression de la rue, de la société civile et d’adversaires politiques qui, sous la férule de l’UGTT, ont réussi à trouver un consensus dans un dialogue national …

Alors, gardons espoir. Gardons espoir et soutenons ce pays  qui , pas à pas, construit une voie originale, et qui, pas à pas, s’achemine avec détermination et maturité vers son avenir …

mercredi 1 janvier 2014

Au revoir 2013... Que vive 2014 !

Exit 2013, année aux tristes couleurs pour mon pays de cœur.
 
Année blanche, année perdue, où rien n’avance et où tout a été fait pour gagner du temps, rallonger les délais, tenir le pouvoir, tenir encore et poser des pions délibérément un à un... 
Année blanche par l’incompétence de certains au pouvoir qui ont placé leur intérêt avant l’intérêt d’un peuple et de la nation...
 
Année noire comme ce drapeau brandi trop souvent…
Année noire, théâtre de violences, d’ assassinats politiques…
Année noire. Pour tous ceux qui aiment la liberté. Free Jabeur !
 
Année mauve aussi  par le retour d’anciennes saveurs remises au goût du jour…
 
Année grise enfin pour le conformisme ambiant qui imprègne la société : des barbes qui poussent, des foulards qui viennent cacher les chevelures des jeunes filles, des hommes qui refusent de vous tendre la main, et ces flots de Radio Zitouna dès que l’on prend un taxi, atmosphère délétère… Moi qui aimais tant entendre le chant du muezzin qui rythmait la journée !Cette année sera décisive pour notre pays et son devenir, la nouvelle constitution sera votée bientôt et de nouvelles élections seront organisées pour désigner une nouvelle équipe politique pour les cinq prochaines années, une nouvelle équipe qui aura en charge notre destin à toutes et à tous. Ces élections donneront à toutes celles et à tous ceux qui sont en âge de s’exprimer la possibilité de choisir leurs représentants démocratiquement. Ces choix vont avoir un impact direct sur notre avenir, à nous de veiller à ce que nos rangs soient unis et au rassemblement de la famille progressiste et démocrate. De notre vigilance, de notre abnégation, de notre combativitéCette année sera décisive pour notre pays et son devenir, la nouvelle constitution sera votée bientôt et de nouvelles élections seront organisées pour désigner une nouvelle équipe politique pour les cinq prochaines années, une nouvelle équipe qui aura en charge notre destin à toutes et à tous. Ces élections donneront à toutes celles et à tous ceux qui sont en âge de s’exprimer la possibilité de choisir leurs représentants démocratiquement. Ces choix vont avoir un impact direct sur notre avenir, à nous de veiller à ce que nos rangs soient unis et au rassemblement de la famille progressiste et démocrate. De notre vigilance, de notre abnégation, de notre combativité
 
Reprendra-telle des couleurs ma Tunisie en 2014 ?
Le rouge du drapeau refleurira-t-il sur la Kasbah ?
Le bleu et le blanc associés redonneront ils leur insouciance à Djerba ?
Le vert couleur de l’espoir et couleur associée à l’Islam reprendra -t- il fièrement sa place ?
Oui, je veux y croire !
Aux tunisiens de prendre en main leur destinée. Les élections de 2014 leur en donneront le choix et la liberté.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

mercredi 18 décembre 2013

Malte si loin, si près ...


Surprise lors de notre dernier voyage à Malte ...            
Si loin car dans cette île méditerranéenne l'atmosphère et l’ambiance sont plutôt britanniques… et si près car des liens profonds existent entre la Tunisie et Malte .
Malte. Une petite île à moins de 300 km des côtes tunisiennes. Beaucoup plus petite que  Djerba (316 km2 contre 514) mais 3 fois plus peuplée.

Peuplée dès le néolithique par des agriculteurs pêcheurs venus de Sicile,  elle devient tout comme Djerba colonie phénicienne puis grecque avant de passer sous le contrôle de Carthage puis des romains. Elle connait elle aussi les Vandales, puis l’empire byzantin avant d’être colonisée par les Arabes. C’est cette période qui lui donnera une grande partie de sa culture et notamment sa langue, le maltais. Tout comme Djerba elle connaîtra les Normands, maîtres de la Sicile, elle aura affaire aux corsaires, à Barberousse et Dragut, aux turcs, aux espagnols, aux gênois … Mais au 15ème siècle Charles Quint offre Malte aux Chevaliers de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem et c’est ce qui va radicalement façonner et transformer l’île. Cet ordre hospitalier et militaire va se consacrer à la fortification de Malte. Par la suite, elle deviendra une colonie britannique et c’est seulement en 1964 qu’elle obtiendra son indépendance.
Outre cette histoire difficile et conflictuelle à l’image de celle de Djerba, c’est la vague d’émigration du 19ème siècle qui va voir les maltais s’installer à Djerba comme pêcheurs fuyant la misère de leur île. Ainsi retrouve-t-on à Malte l’architecture du quartier maltais de Houmt Souk dont j'ai déjà parlé plusieurs fois dans ce blog..
 
Sliema
 

 
Mais ce qui fut le plus impressionnant pour nous ce fut la découverte de la langue maltaise. Mâtinée d’italien et de sicilien c’est avant tout une langue sémitique qui s’écrit en caractères latins. Du darija quoi !
Je pense que pour la majorité des touristes qui visitent l’île, ceci est invisible. Le maltais est incompréhensible et de toute façon tout le monde s’adresse à vous en anglais et tout est bilingue. Mais pour nous qui venions de Tunisie quelle surprise en découvrant le nom des villes Mdina, Rabat , Qwara ou Marsaxlokk ou celui des rues  Triq ir Repubblica et en entendant parler de flus et compter wiehed, tnjejn, tljeta … sans compter les interrogations fejn ou Xjismek … Vraiment bizarre et intriguant tous ces mots tounsi !
Au retour, vite je suis allée me documenter et je suis tombée sur cet article fort intéressant sur les rapports entre le maltais et le tunisien, article dû à Kamel Chaouachi.
Et si jamais l'envie vous prenait de visiter Malte et de vous imprégner du quotidien n’hésitez pas à visiter le blog de Nico sur Expat blog ... Très utile.
 

vendredi 8 novembre 2013

Ras el Am : les poupées effraient les extrémistes !


Ce mardi 5 novembre les musulmans fêtaient le Nouvel An de l’Hégire.
Pour rappel, l’Hégire est en arabe synonyme d’exil, de rupture et de séparation. Mahomet et ses compagnons quittent La Mecque pour Médine. Mahomet attend rompre avec le paganisme et un modèle de société basé sur le système clanique pour promouvoir un modèle de communauté de croyance où tout le monde est censé être à égalité, être « frère », en prenant soin de ne pas laisser à l’abandon le faible ou le démuni. Le calendrier musulman démarre donc à cette date en 622.
Ce préambule pour dire qu’à chaque fête religieuse, les tunisiens associent avec plaisir une tradition culinaire. Cela diffère bien sûr selon les régions. Pour le Nouvel An, c’est le couscous au « kadid » qui apparait sur les tables. Couscous fait avec de la viande séchée, mais pas n’importe laquelle, celle que l’on a pris soin de conserver du sacrifice du mouton de l’Aïd el Kebir et dont la symbolique est de faire la transition entre l’an passé et l’année nouvelle.
Le kadid,  j’en confectionne à tout moment de l’année. Cette viande séchée permet de parfumer les plats surtout ceux de légumes secs. Très simple à préparer, il suffit de la couper en lanière, de la faire macérer pendant une nuit dans des épices (ail, tabel, harissa, huile) puis de la faire sécher plusieurs jours au soleil en la suspendant sur une corde à linge (attention à la pluie !). Elle peut ainsi se conserver pendant des mois.
A  Djerba, pour la fête de l’Hégire, on consomme aussi la « mhamess au kadid » une soupe épaisse avec notamment des pois chiches, des fèves et  de la viande séchée. Un plat liquide pour que la nouvelle année coule sans problèmes...
Mais je viens de découvrir une tradition qui vient de Nabeul et que je ne connaissais pas bien qu’elle fasse l’objet d’un festival. Il s’agit des poupées de sucre.
 
Photo toutelatunisie.com

Tradition païenne ou sicilienne, qu’importe. En tout cas elle semble bien ancrée dans la vie de cette ville : les parents offrent aux enfants des « methred », des plats sur pied rempli de fruits secs et de confiserie sur lesquels trône une statuette de sucre moulé, coloré et pailleté. Poupées (pour les filles ) mais  aussi cavaliers,  coqs,  poissons etc… les confiseurs redoublent d'imagination pour ce festival de couleurs et de gourmandise! 
Pour tout savoir sur cette tradition , lire l’article suivant  illustré par des photos de  Anis Lassoued , un cinéaste qui a  réalisé un documentaire sur ce sujet. Ces poupées sont revenues d’actualité puisque cette année elles ont été la cible des imams rigoristes qui ont obligé à l’annulation du festival des poupées de sucre…
Mais heureusement les traditions sont faites pour perdurer et espérons que les enfants de Nabeul pourront encore pendant longtemps se délecter de sucreries et perdre leurs regards dans ces gourmandises colorées ...   
Photo Lycée Carnot Tunis
 

jeudi 24 octobre 2013

Résistance - Soumoud

Au lendemain de ce 23 octobre endeuillé et alors que la Tunisie est sur le fil du rasoir, tout est dit de façon sobre et forte dans ce superbe court métrage , dû à Amine Chihoub.