"Notre printemps est un printemps

Qui a raison "

Paul Eluard



mardi 28 juin 2011

La liberté de pensée est toujours à défendre

C'est arrivé dimanche soir ... 
Il y avait eu des précédents, il y a quelques mois, le cinéaste Nouri Bouzid violemment frappé à la tête, des artistes et créateurs empêchés physiquement de faire leur travail, et aussi nombre d' attaques verbales à leur encontre etc... 

Dimanche soir le collectif  "Touche pas à nos créateurs !" avait organisé dans une salle de cinéma à Tunis une manifestation culturelle avec projections de films, musique, poésie et exposition de peintures.
Alors que tout allait commencer, que les agents de sécurité étaient partis, un groupe de 80 personnes dont plusieurs barbus a fait irruption dans la salle en scandant des slogans avec des barres de fer et autres s'acharnant à tout détruire et n'hésitant pas à attaquer à coups de bâtons les organisateurs...
Ce n'est que 30 minutes plus tard que la police est intervenue ( la salle de cinéma est proche du Ministère de l'Intérieur, soit dit en passant ) et ils ont arrêté 4 ou 5 individus...

Les partis politiques (à dire vrai très peu sur la centaine d'existants) ont mis du temps à réagir


"Ils considèrent que ces agissements commis par un groupe de "salafistes" n'ont aucun lien avec la sublime religion islamique et qu'ils constituent un dérapage dangereux menaçant la vie culturelle et les principes minimums des libertés individuelles et collectives.Les signataires des communiqués ajoutent que ces actes sont une menace pour le processus politique et pour l'édification de la démocratie naissante pour laquelle se sont sacrifiés des jeunes tunisiens.
Ils appellent, à cet effet, à considérer comme criminels pareils actes, à protéger les hommes de culture et les créateurs, et à lutter contre tous les phénomènes d'extrémisme."

Tout comme le Ministère de la Culture qui a enfin déclaré que 
"la liberté de pensée et de création est l'un des fondements de la société moderne et l'une des revendications de la révolution glorieuse et de ses nobles valeurs."


lundi 27 juin 2011

Libye, arrêtons les bombardements !


Intenses négociations en ce moment que ce soit à Djerba (où 3 ministres libyens sont arrivés), en Algérie, en Afrique du Sud ou ailleurs afin de mettre un terme à ce conflit qui devient maintenant du n'importe quoi...

Selon l'Union Africaine

« Les parties en conflit en Libye devraient entamer un dialogue national en vue d’un cessez-le-feu global, d’une réconciliation nationale et des dispositions pour la transition ainsi que d’un calendrier pour l’évolution vers la démocratie ». « Ces mesures […] devraient aller de pair avec un effort humanitaire tout aussi déterminé », en vue duquel l’UA appelle à l’arrêt des bombardements de l’Otan et l’observation d’une pause humanitaire. »


C'est , selon moi, ce qui me semble le plus sensé. L'Otan devrait se faire une raison , Kadhafi ne partira pas et ils ne pourront pas l'éliminer, il a des ressources, il peut se terrer des mois dans ses chics quartiers souterrains... 

Décidément pour du pétrole que ne ferait on pas ?
Et, quelques bavures ce n'est rien... quelques dizaines de civils bombardés par jour, qu'est ce que c'est ?

Que la CPI ne se presse pas trop pour traduire en justice Kadhafi , d'accord il a commis des crimes mais ne jetons pas de l'huile sur le feu, Kadhafi a déjà accepté de ne plus faire partie des négociations et c'est un grand pas... s'il ne revient pas sur cette décision comme il a l'habitude de le faire... 
Laissons une chance à la Libye de se reconstruire, laissons le futur gouvernement de transition   apprécier la situation et prendre position, laissons les réfugiés retourner dans leur pays pour prendre part à l'édification d'une nouvelle Libye .

A Djerba; où les libyens sont partout, quelques tensions entre  pro et anti persistent et donnent lieu à des bagarres... 
Beaucoup sont des libyens fortunés, arrivés ici avec des lingots d'or et qui passent des vacances de rêve dans les grands hôtels ... Et puis, certains se croient tout permis : alcool, femmes et comportements de parvenus à qui l'on doit tout ...  
Je ne parle pas bien sûr de ces réfugiés qui font partie de ceux qui ont véritablement fui la guerre, les bombardements  et qui n'ont plus rien et à qui les djerbiens apportent réconfort et solidarité ... 


dimanche 26 juin 2011

Ras Rmel, un paradis !

Parmi les nombreuses attractions destinées aux touristes, il en est une qui a beaucoup de succès. Il s'agit de la Balade en mer à " l'île des flamants roses".

Il suffit de prendre un bateau , un galion de pirates, au port de Houmt Souk (de nombreux  exploitants via les hôtels proposent cette excursion clé en main en assurant toute la logistique) et nous voilà transporté dans un autre monde...

Départ vers l'île


Bon, commençons par détruire le mythe !
Il ne s'agit pas d'une île, mais d'une presqu'île ! 
et quant aux flamants roses, ils ne sont visibles que l'hiver lors de leur période d'hibernation ! 

mais on pardonne tout tant cette balade vaut le détour et nous emmène dans un endroit paradisiaque !

Le site de Ras Rmel est en fait une presqu'île, une flèche sableuse limitée par des hauts fonds d'un côté et de l'autre par la pleine mer. Paysage vierge de toute construction c'est une zone de promenade particulièrement agréable qui offre des plages de sable superbes et désertes...

Cette presqu'île très fragile du point de vue environnemental offre 2 types de paysages  les marais et la lagune avec une végétation de type salicorne (on se croirait en Camargue) et la longue flèche de sable où les bateaux accostent. Ces paysages ont aussi l'attrait magique de varier selon le moment de la marée ou selon les saisons...

L'arrivée à Ras Rmel


Après une traversée animée aux rythmes de musiques diverses, le bateau s'amarre à un ponton et là avant de s'attabler à l'ombre d' une paillote pour bénéficier d'un repas de choix , les touristes peuvent se délecter d'une baignade dans une eau transparente et chaude.


Au traditionnel couscous et bien sûr aux grillades de poissons, succéderont au choix animations, sieste sur des matelas mis à disposition, balades en chameau etc... Il est aussi possible de déguster des petites huîtres divinement bonnes et également des coquilles Saint-Jacques d'une taille impressionnante !

Les coquilles Saint-Jacques


On ne peut que revenir enchanté d'une telle balade !

Au delà de cette excursion touristique, Ras Rmel pourrait devenir un site écologique. 
Les flamands roses et autres espèces ne fréquentent ces lieux que l'hiver car c'est une étape pour bon nombre d'oiseaux migrateurs. Sont également présents des spatules, des cormorans, et bien sûr des goélands, des grèbes, des sternes et autres limicoles. Cette zone est aussi un lieu privilégié pour la pêche à l'éponge qui se pratique en automne. Enfin les dunes, qui sont hélas en train de se raréfier sous l'action de la mer, sont des lieux de nidification pour certains oiseaux ainsi que pour certaines tortues de mer.... 
Quant aux activités de  pêche, elles restent artisanales car les eaux sont peu profondes. 
Comble du bonheur, à certaines périodes, lors de la traversée, il est  possible de voir évoluer des dauphins et là le spectacle redouble de magie...

De fait il y a toute une faune et une flore très diversifiée qui pour l'instant n'ont pas trop souffert, semble-t-il, de la pression des visiteurs... 
Gageons que les associations de sauvegarde sauront rester vigilantes et que les exploitants de cette zone sauront faire preuve de responsabilité pour assurer longue vie à cet espace unique.  



mercredi 22 juin 2011

Eté tunisien


Je trouve qu'il est toujours bon et salutaire d'être ébranlée dans ses certitudes !

Alors que je clamais haut et fort que le 21 juin était la date qui marquait le début de l'été avec le solstice , les tunisiens soutenaient tout aussi haut et fort que le début de l'été c'était le 29 mai !

Je me suis donc penchée sur la question. 
Je ne parle pas du calendrier musulman qui prend l'Hégire comme date de départ mais le calendrier Ajmi qui correspond au calendrier berbère tunisien
Utilisé depuis des millénaires, synthèse des calendriers julien, copte, syriaque, andalou il est réglé sur les pratiques et activités agricoles. Chaque saison est elle-même divisée en parties, différentes  selon les activités des groupes et les caractéristiques du climat. 



Ainsi en Tunisie, le 21 juin marque donc le début du plein été.
Quant à l'été ou awil  il a bien démarré le 29 mai. 

Le 25 juillet ou aoussou marque les journées les plus chaudes qui s'achèveront le 30 août avec le début de l'automne ou amiwan.

Quant à l'hiver ou tagrest , il arrivera le 29 novembre.
Le 25 décembre marque le début des nuits blanches ou  layali el bidh propices à la semence. Lui succéderont à partir du 14 janvier  les nuits noires ou layali essoud c'est à dire les nuits pluvieuses propices à l'agriculture. 

Début février c'est l'azara c'est à dire les grands froids avec un point culminant le 14 février.

Puis l'air et l'eau se réchauffent pour accueillir le printemps ou tafsut  le 28 février. Il faut attendre le 6 mars pour le réchauffement de la terre et arriver au 29 mai début de l'été !



Donc en clair des dates à connaître pour préparer au mieux ses vacances et en profiter un maximum ! en sachant qu' à l'aulne de nos considérations d'européen l'an dernier l'hiver fut une saison très agréable et chaude et que le printemps cette année fut plutôt pourri...

Quant à la révolution de jasmin, elle n'a pas eu lieu au printemps mais pendant les nuits noires de l'hiver !

samedi 18 juin 2011

Libye, quelle issue ?


« Il n’y aura pas de base militaire française à Gafsa et l’Otan n’a pas de place en Tunisie. Le sol tunisien ne servira pas de point de départ pour une attaque terrestre contre la Libye» 
c'est ce qu' a martelé le gouvernement lors de son point presse hebdo, relayé par les médias.
Ces informations "nulles et sans fondement" concerneraient en réalité la signature d'une convention pour un centre de formation professionnelle... 

Mais ne dit on pas en général qu'il n'y a pas de fumée sans feu ?....

Dans "La Presse" on peut lire que 
" certains analystes pensent que le transfert des camps des réfugiés sur la frontière tuniso-libyenne constitue, plutôt, le prélude aux préparatifs d’une attaque terrestre de l’Otan contre la Libye".

Il est vrai que la situation est extrêmement complexe. Kaddhafi n'en démord pas malgré les bombardements sur Tripoli, il ne partira pas. 
Dans un article paru dans "Jeune Afrique" une responsable de l'IFRI note 
"qu'on assiste en Libye à un aventurisme inconsidéré de la part de la coalition internationale..."

D'ailleurs, des observateurs français font aussi remarquer que on ne connait pas la réelle composition du CNT "marqué par un islamisme radical et combattant"
Elle continue en disant que 
"contrairement aux soulèvements tinisien et égyptien, il faut rappeler que l'insurrection libyenne n'a pas de racones socio-écomoniques.Elle n'est ni spontanée, ni endogène, ni pacifique. Dès le début, les insurgés ont eu pour objectif la conquête du pouvoir. Les pays occidentaux se retrouvent aujourd'hui à soutenir aveuglément une rébellion qui se dit démocratique et respectueuse des droits de l'homme - alors que le leader du CNT n'a jamais brillé par son respect de ces mêmes droits quand il était au gouvernement de Kaddafi - en ignorant que le projet de constitution du CNT reconnait la charia comme la source de ses lois."



vendredi 17 juin 2011

La saison des amandes


C'est la pleine saison des amandes

On en trouve partout, elles font aussi le bonheur des petits marchands à la sauvette qui ont envahi les rues depuis la chute de Ben Ali. Ils les proposent déjà épluchées, prêtes à être grignotées...

Pour moi l'amandier, c'est un peu ma madeleine à moi...
Je me souviens que c'est surtout le premier arbre en fleurs à la sortie de l'hiver et il me rappelle Saint-Rémy en Provence (n'est ce pas Anneli ?).

Amandiers à Djerba

Il est également associé très fortement à un recueil de poèmes de Tahar Ben Jelloun dont le titre lui même est déjà tout un poème : 
"Les amandiers sont morts de leurs blessures" avec notamment un beau texte dédié au peuple palestinien.
C'est aussi un livre que m'avait offert des bibliothécaires de Tétouan lors d'un désherbage....

Les souvenirs se bousculent .... 

C'est aussi le fameux sirop d'orgeat dont raffolent mes petites filles...
la mauresque que l'on boit l'été , très fraîche, en discutant avec des amis.....
le thé aux amandes de Guellala que l'on apprécie au coucher du soleil...



Et puis aussi ce fameux lait d'amandes siroté il y a bien 40 ans dans une petite échoppe de la médina de Fès avec ma mère, après avoir "pitaté" (comme elle disait) dans les ruelles de la cité impériale ... c'était un de ses souvenirs qu'elle aimait raconter....
mais depuis, malgré tous mes essais, jamais, jamais je n'ai réussi à en retrouver le goût sucré, suave et divin...


jeudi 16 juin 2011

Djerba et les corsaires

De par sa situation stratégique, Djerba fut la cible de nombreuses rivalités, chacun voulant s'assurer le contrôle de la Méditerranée. Bien que protégée par ses hauts fonds, Djerba fut quand même pillée et écrasée de nombreuses fois au cours des siècles.

Reprenons le fil de notre histoire.
Après avoir servi de champ de bataille aux chrétiens de Sicile et aux hafsides de Tunis, Djerba doit faire face aux attaques permanentes des corsaires, elle est aussi au centre des luttes entre les espagnols et les turcs. Une période sanguinaire entre le XVIème et le XVIIIème siècle.


Carte de Djerba - 16ème siècle

Les corsaires firent de Djerba leur port d'attache. Parmi les figures emblématiques, citons un grec dont le nom turc  "baba oroutch"  donna ensuite Barberousse. Réputé pour sa bravoure il se fit confier par les turcs un trois-mâts armé et s'installa à Djerba.

Mais l'un des plus célèbres corsaires fut Dragut, un amiral turc de l'Empire ottoman, émule de Barberousse.
Parmi les épisodes les plus fameux de cette période, on raconte qu'en 1550 il fut bloqué vers El Kantara sur la mer par les gênois (à cause justement des hauts fonds). Mais rusé et connaissant bien les courants marins, il fit creuser pendant la nuit un canal qui lui permit de reprendre l'eau au sud d'Ajim et de s'enfuir.


Les hauts fonds vus du Borj el Kébir

Une dizaine d'années après,  Dragut , aidé des turcs, assiégea le Borj el Kébir tenu par les espagnols. Ce fut pour ces derniers une défaite cuisante. Dragut érigea même une tour conique de 40 mètres à la base et de 10 mètres de hauteur formée par les crânes et les ossements des chrétiens. Appelée Tour des Crânes ou Borj El Rouss, elle ne fut détruite qu'en 1848. 


La Tour des Crânes


Pour terminer, un personnage très connu mais beaucoup plus sympathique qui vécut aussi à cette période. 
Il s'agit de Hassan el Wazzan. Né à Grenade, exilé à Fès, ce grand voyageur mènera des missions diplomatiques et commerciales à travers toute la Méditerranée. De retour du Moyen Orient son navire est attaqué par les pirates et il sera débarqué à Djerba . Les pirates siciliens vont alors offrir leur cargaison d'esclaves au pape Léon X . Ce dernier fait catéchiser Hassan et le fait  baptiser sous le nom de Jean Léon l'Africain...  et son nom deviendra célèbre grâce à sa fameuse  " Description de l'Afrique"...

mercredi 15 juin 2011

La révolte des pommes

Au cours d'une de nos promenades dans la campagne djerbienne, nous avons rencontré un chibani qui vendait des pommes. Des petites pommes qui n'ont l'air de rien mais qui sont très goûteuses... 
et cela m'a rappelé un évènement que j'avais lu en visitant le Borj El Kébir. 

Au XIVème siècle, sous l'occupation chrétienne, le chroniqueur Al Tidjani peu enclin à apprécier les djerbiens relate à propos de l'île :

c'était  "une terre à cultures généreuses, nulle plante au monde n'est en mesure d'offrir un fruit semblable ou égal. Quant à ses pommes, il n'en existe nul ailleurs de pareilles, tellement elles sont limpides, croquantes, odorantes, répandant à des milles et des milles, des émanations suaves."

Ces pommes étaient l'objet de convoitises de la part des envahisseurs chrétiens qui les confisquaient et les offraient en cadeaux à leurs monarques en les envoyant  notamment en Sicile...

Alors pour se révolter, les djerbiens  n'hésitèrent pas à sacrifier leurs pommiers et à les arracher !... et depuis ce temps, les pommes ont quasi disparu de l'île...


dimanche 12 juin 2011

Ghadamès


Moi qui rêvais de visiter Ghadamès, 
Ghadamès, ville historique de la Libye, 
Ghadamès, la "perle du désert" , 

moi qui rêvais de déambuler dans ses ruelles millénaires, 
moi qui rêvais de voir l' architecture de ses maisons en toub,


je crains fort que ce ne soit plus du domaine du possible car la barbarie est passée par là.. 

Les forces de Kadhafi ont pilonné hier samedi cette ville historique , une des plus anciennes ville fortifiée de cette région du Sahara, inscrite au patrimoine de l'Unesco...




samedi 11 juin 2011

Kelmetna

Aujourd'hui appel d'activistes tunisiens pour une manifestation à Tunis 




Sur leur page Facebook, voici quelle est leur demande :
"Après le report de la date des élections de l'assemblée nationale constituante au 23 octobre 2011, on exige du gouvernement provisoire actuel:

-Un rapport détaillé et transparent sur le G8, les conventions signées, les financements et fonds prévus, surtout que ce gouvernement est à la limite de la légalité de ses exercices vu qu'il est justement transitoire.


- des garanties réelles et officielles qu'il n'y aura pas d'autres retards, car notre confiance à ce gouvernement est actuellement au plus bas, et rien n'empêche que ça se reproduise.


Par ailleurs on demande l'ouverture immédiate d'enquête transparente concernant toutes les personnes incriminées dans les derniers événements de METLAOUI, que ça soit par la participation ou la non intervention."


CETTE RÉVOLUTION EST LA NOTRE, ON NE NOUS LA VOLERA PAS!

vendredi 10 juin 2011

Infos culture (suite)


Les arts plastiques sont aussi en pointe en Tunisie . Ils ont même leur page Facebook et ont envahi la rue au lendemain de la révolution du 14 janvier.


Un graffiti du Premier ministre actuel, Beji Caid Essebsi, devant le théâtre municipal de Tunis. en bleu est écrit "Ne tombez pas amoureux du pouvoir"

Au travers des graffitis qui tapissent les murs de la ville, les artistes tunisiens comptent bien se réapproprier un espace trop longtemps gouverné par la police de Ben Ali.comme le groupe d’art alternatif Ahl El Kahf, conduit par des artistes peintres diplômés de l’Ecole des Beaux-Arts de Tunis.

Le célèbre rat du graffeur Banksy revisité par les artistes tunisiens. Celui-ci a hérité de la tête de Mouhammar Kadhafi


A Paris, au Centre d'Art Contemporain, se tient une exposition ou plutôt une installation qui pose la question « Un simple battement d'ailes d'un papillon peut-il déclencher une tornade à l'autre bout du monde ? »  
Un "work in progress" y répond :  composée d'un fil de fer et de pommes, les rebondissements successifs de pommes provenants de l'étal de Mohamed Bouazizi atteignent en son centre  une affiche sur laquelle se trouve représenté le Président égyptien Hosni Moubarak .D'autres affiches sont collées au fur et à mesure des événements ...



Cette installation pose également la question : l'effet Bouazizi peut il toucher la France ?

Infos culture


Evidemment mes posts sont souvent concentrés sur la politique surtout dans cette période de transition où chacun souhaiterait savoir quel sera l'avenir de la Tunisie, mais à côté de ça, la vie reprend ses droits et la vie culturelle aussi.

En mai dernier  M. Ezzedine Beschaouch, ministre de la Culture, a ordonné, dans une circulaire rendue publique, "d'impulser l'action des structures culturelles au niveau local et régional et d'accélérer l'opération du renouvellement des comités d'organisation des festivals d'été."Il a, par ailleurs, recommandé de faire associer à ces comités des hommes de culture et des créateurs connus pour leur compétence et leur esprit d'initiative, en particulier les jeunes talents, et en concertation avec les associations culturelles et les différentes composantes de la société civile, de manière à satisfaire les aspirations des citoyens ..."

Tâche louable, certes, mais difficile car si dans les grandes métropoles la culture a non seulement repris ses droits mais a même retrouvé un nouveau souffle il n'en est pas de même dans les régions où d'autres préoccupations semblent prioritaires.

En effet, les festivals internationaux de Carthage et d'Hammamet sont maintenus cet été, les grands évènements comme "Musiciens de Tunisie" ont bien lieu en ce moment au palais Ennejma Ezzahra, la réouverture du théâtre municipal de Sousse  est décidée, les expositions et les galeries s'en donnent à coeur joie . Comme ce vernissage de l'exposition de l'Union des artistes  plasticiens tunisiens qui se tient au musée de la ville de Tunis (palais Khereddine) sur le thème ''Inspirations de la Révolution'' et qui regroupe  260 oeuvres reparties entre peinture, sculpture, céramique, tissage, photographies et installations.
Dans d'autres domaines les choses bougent comme la naissance d"une association chargée de la documentation audiovisuelle du patrimoine  tunisien.
"Il S'agit d'une association culturelle touristique, impliquant des professeurs, des historiens et des spécialistes en civilisation et en audiovisuel.Cette équipe bénévole sera chargée de la collecte des documents audiovisuels sur le patrimoine et la civilisation de Tunisie, de leur documentation et de leur numérisation."
Un festival des cultures numériques se tient actuellement,  danse contemporaine et musique électroacoustique, performances multimédia d'artistes internationaux avec le souci de proposer  une dimension pédagogique grâce à l’organisation de différents ateliers d'accès libre et dont certains  d’initiation  pour le  jeune public.


Côté cinéma le cinéma 3D fera son entrée en Tunisie, une grande première,  avec un long métrage d'animation inspiré d'un conte des  ''Mille et une nuits'', intitulé provisoirement ''Les aventures de Dalila la rusée'' du réalisateur et producteur tunisien Taieb Jallouli .
Les amateurs ont aussi entendu parler du documentaire tunisien de Mourad Ben Cheikh "Plus jamais peur" qui a fait salle comble lors du dernier Festival de Cannes et qui  était en compétition pour la Caméra d'Or.


Tahar Bekri


En littérature, Tunis a aussi reçu le poète Tahar Bekri que j'aime particulièrement qui a parlé  de son nouveau recueil "Je te nomme Tunisie" (Editions El Manar, Paris) dont la parution a été fêté du 27 au 30 mai au marché de la poésie à Paris. 


Donc une vie culturelle et artistique intense mais qui se concentre sur Tunis et les grandes villes côtières du nord.


jeudi 9 juin 2011

Elections : ce sera le 23 octobre

Une pensée pour les lycéens tunisiens. Aujourd'hui 127 767 d'entre eux planchent sur les épreuves du bac.


Le gouvernement lui planchait sur une autre épreuve, la date des élections.

Lors d'un grand meeting hier, au Palais des Congrès,  le Premier ministre Béji Caïd Essebsi a annoncé la date des prochaines élections pour l’Assemblée nationale constituante  : il s'agit du 23 octobre 2011.
Après moult discussions et concertations, cette date a finalement fait l'objet d'un large consensus dans la majorité des partis politiques.
Au cours de cette réunion, le 1er ministre a évoqué la situation de son gouvernement auquel on reproche de ne pas être légitime. Il a ainsi rétorqué : « Cette légitimité est fonctionnelle, à défaut d’être constitutionnelle. L’engagement du gouvernement est avant tout patriotique »  

Arrivé à mi chemin entre la date de la Révolution et celle des élections, voici un point de vue sur la situation actuelle. Révolution tunisienne : où en est on ? 
L'auteur passe en revue les questions qui se posent actuellement : financement des partis politiques, qu'en est il de la res publica, la chose publique ? quelle est la situation économique ? où en est-on au plan de la sécurité ?


mercredi 8 juin 2011

Soutenons la révolution syrienne !

Pour Camille, 

Aujourd'hui je voudrais parler de la Syrie en hommage à une franco-syrienne qui a toute mon affection...

Jusqu'à présent , aux yeux des grands de ce monde, il ne fallait surtout pas intervenir en Syrie , pays garant d'une certaine "stabilité" au Proche Prient ce qui arrange bien sûr  l'Europe,  Israël, les Etats Unis, et  l'Iran pour des raisons diverses...
Et l'on voit bien que les aspirations des peuples, même fortement légitimes,  n'ont pas leur place dans ce monde lorsqu'elles contreviennent aux affaires des états.... 
Alors Assad peut donc envoyer sans crainte ses mukhabarat pour arrêter, réprimer, torturer son peuple !

Mais les manifestations continuent, s'amplifient même dans la force et la dignité. La répression et les massacres s'intensifient... 
Mais Le peuple n'a plus peur... 
Sans information journalistique fiable, on voit apparaître aussi quelques signes :  des policiers tués ? certains habitants commencent à s'opposer par les armes.... et là n'est ce pas une mutinerie au sein de l'armée ? spectre de la guerre civile ? des défections de soldats se font jour... sans compter que maintenant la crise déborde en dehors des frontières puisque des réfugiés syriens affluent en Turquie voisine...




Aujourd'hui 7 juin, c'est une nouvelle manifestation qui est annoncée : le mardi de la renaissance. Sur internet, les militants pro démocratie ont appelé l'armée à protéger les citoyens des agents du régime et demandent que ces manifestations restent pacifiques pour contrer la violence de l'Etat.   

Soutenons la révolution syrienne !


lundi 6 juin 2011

Le chaud et le froid

Drôle de week-end  dans cette Tunisie  paradoxale qui nous en fait voir de toutes les couleurs et où l'on souffle le chaud et le froid !

D'abord commençons par la bonne nouvelle. Savez-vous qui a gagné le tournoi de tennis de Roland Garos ? Le tournoi junior j'entends !

Une tunisienne !
Mais oui,  il s'agit de Ons Jabeur, une jeune fille de 16 ans qui , dans le tournoi juniors filles, a battu la portoricaine Monica Puig par 2 sets à 0. Victoire chargée de symboles : celui de la Tunisie et celui plus précisément de la femme tunisienne.

Ons Jabeur


Revers de la médaille : les hommes ! les tunisiens de Metlaoui , une ville du centre connue pour ses gisements et l'exploitation du phosphate. Des affrontements entre habitants sur fond de pauvreté et de misère, de questions d'embauches, mais aussi d' inimitiés tribales  ont fait 11 morts et près d'une centaine de blessés !.... Le couvre feu a été instauré et visiblement les forces de l'ordre n'ont pas été capables de maîtriser et d'arrêter ces bagarres...


Sinon le  week end a été riche de nombreux meetings politiques qui ont eu lieu dans plusieurs villes. On a l'impression que tout d' un coup, tout s'emballe...

Actuellement on peut dire que sur les quelques 80 partis légalisés ! 2 notamment ont la cote parce que connus depuis longtemps dans le paysage politique... 
Ce sont le PDP de Nejib Chebbi et Maya Jribi (Parti Démocrate Progressiste) et Ennhada (islamiste) .

Sur le PDP le mieux est de lire l'article joint où l'on assiste à un meeting bien réglé : gardes du corps costauds et inquisiteurs, public rameuté ça et là pour faire pencher l'applaudimètre, discours creux et convenus. Bref, selon le journaliste on se croirait revenu au bon vieux temps du RCD....
Légende de l'article : Des garde-corps bien baraqués, comme on en voyait souvent, avant le 14-Janvier...

Quant à Ennhada, ce parti est soucieux de montrer son "évolution" . Il vient de modifier son logo et de changer de devise : Liberté, Égalité et Développement... Ceci pour répondre  aux aspirations du peuple et mettre le point sur des idées qui lui sont reprochées , à savoir l’égalité entre l’homme et la femme, la liberté d’expression, de croyance, et le développement du pays et de son économie.


Secondo, ne reculant devant aucun sacrifice dans cette période difficle financièrement pour tous,  le parti a également inauguré un siège flambant neuf . 
Un immeuble imposant.  Un accueil chaleureux. Un peu trop peut-être et une armada de personnes dévouées corps et âme à Ennahdha;
De nombreux jeunes ont été embauchés pour l'accueil et bien payés. Pas de barbus et seulement quelques femmes voilées selon le journaliste...
D'où viennent l'argent et les financements ? ...

La popularité de ce parti vient du fait qu'il s'est illustré sous Ben Ali comme parti interdit et surtout qu'il a été combattu férocement ... Il n'a jamais pu appliquer son programme mais ce parti reste idéalisé dans l'imaginaire populaire. Il est aujourd'hui bien organisé et structuré et touche, via les mosquées, l'ensemble du pays. Pour les médias, il montre patte de velours et dit avoir abandonné l'idéologie des Frères Musulmans pour se rapprocher de celle de l'AKP turque d'Erdogan.  

Ce matin sur Facebook une tunisienne publie son témoignage à propos du meeting de la Manouba 
 J’ai cherché à voir qui de ces habitants de mon quartier, de ces voisins, de ces amis, de ces gens avec qui je partage mon quotidien ont adhéré à ce mouvement diabolique… mais je n'ai pu reconnaitre personne…. De suite, j'ai essayé de contacter quelques amis du lycée, ceux de mes frères, des voisins pour savoir si quelqu'un y est ...et devinez...toutes les personnes que nous connaissons à la Manouba, même ceux qui ne ratent aucune prière de vendredi n'y sont pas!!!! Qui sont alors ces gens qui applaudissent les Nahdhaouis chez nous?    la réponse je l'ai eu sur mon chemin de retour ; un bus de couleur jaune de type touristique était stationné à près de 2 kilomètres du lieu du meeting (face à la salle des fêtes Zeryab) a ramené des personnes avec des documents en main ...puis un autre...  
YORIKA !!!! j'ai trouvé!!!! C’est le public d'Ennahdha...et il n’est pas de chez nous…
Une parente m'a confirmé que le même scénario s’est passé à El Mourouj...
Pour beaucoup de tunisiens et tunisiennes, Ennhada c'est le grand méchant loup. De nombreux partis s'insurgent d'ailleurs contre les partis religieux qui utilisent l'islam à des fins politiques...

Il faut aussi être prudent. Empêcher le courant islamiste de participer au jeu démocratique ne fera que le renforcer encore plus. D'autre part pour certains politiciens continuer à brandir la menace du loup islamiste leur permet d’être tranquilles et de continuer leurs magouilles diverses.... C'est le jeu politique qui commence !

vendredi 3 juin 2011

Tourisme, saison catastrophique


Une saison catastrophique 

voilà les titres de la presse tunisienne suite à la conférence de presse alarmiste tenue par les professionnels du secteur touristique.

Les chiffres du secteur du tourisme virent au rouge : 
Réduction du taux d’occupation des nuitées et de recettes de plus de 50 %. Régression de réservations de plus de 60 %... Les agences de voyages ne parviennent plus à payer leur personnel. 80 % des professionnels du tourisme pourraient mettre la clé sous la porte.  
A Djerba, 27 hôtels qui auraient dû rouvrir leurs portes après l’hiver sont toujours fermés et ne savent pas quand ils pourront rouvrir. 

Guellala



Les professionnels (fédérations de l'hôtellerie et des agences de voyages) réunis à Tunis jeudi ont précisé que la situation qui prévaut dans le pays (sit-in, grèves..), les évènements en Libye, le manque de visibilité pour la prochaine période et la précarité du  tourisme en Tunisie sont des facteurs qui ont donné lieu à "cette situation délicate" que le secteur connaît. D'autre part l'arrivée massive de clandestins à Lampedusa a fait perdre un marché stratégique : l’Italie. L'Italie a vu aussi un tour opérateur majeur mettre la clé sous la porte Sprintours, voyagiste tunisien basé à Rome.

De l'avis de tous, l’année 2011 est compromise. D’une situation difficile, on est passé à une situation catastrophique. L’immédiat est de sauver les emplois. Les promesses d’accompagnement du secteur sont restées sans réponse et ils interpellent le gouvernement.
« Nous lançons un appel aux partis politiques pour qu’ils prennent le tourisme en considération »
« Avec l’administration, rien n’a changé puisque l’on décide toujours pour nous »
Hassi Jerbi




mercredi 1 juin 2011

Poésie, espoir et révolution

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ce texte que j'ai lu dimanche, texte plein d'amour et de tolérance, il commence ainsi mais à lire dans son intégralité...
Les plus belles femmes du monde
Celles qui tiennent l’horizon …

Elles brillent de mille soleils

Et sont enceintes de mille révolutions
…surprenantes
Elles traversent l’avenue en chuchotant
Et m’enivrent de mille chansons
… différentes
Autre nouvelle porteuse d'espoir ,

 c'est la création d'un pôle démocratique qui regroupe pour l'instant  11 partis politiques en vue des prochaines élections dont la date incertaine continue à provoquer débats et discussions... Ce pôle proposera des candidats en tenant compte du principe de parité hommes / femmes ainsi qu'un  programme électoral  . Il a tenu hier sa 1ère conférence de presse et a affirmé faire prévaloir la démovcratie et le consensus  en dépit des divergences et de la diversité des forces. Ce pôle veut tracer les contours d'un nouveau régime républicain qui correspond aux attentes du peuple. 





"Ce pôle,  tend, également, à préserver et à multiplier les acquis modernistes dont le Code du Statut Personnel et à valoriser le patrimoine arabo-islamique et le mouvement de réforme tunisien...
il rejette toute forme d'intolérance, de fanatisme, de discrimination, de violence et appelle à la séparation entre la religion et la politique, à garantir la liberté de croyance et à interdire l'utilisation des espaces de culte à des fins de propagande politique.
il met l'accent sur la nécessité de réhabiliter la culture, d'instituer un système social garantissant à tous les Tunisiens le droit à l'enseignement gratuit, à la santé, à la culture, au loisir, à l'emploi, à la couverture sociale et à la prise en charge des plus démunis et des couches fragiles.
il veut lutter contre toutes les formes de corruption et d'enrichissement illicite, et instaurer une loi fiscale équitable et équilibrée avec des mécanismes de contrôle précis.
Il s'agit de jeter les fondements d'une économie nationale solidaire et ouverte tout en confiant la gestion des secteurs stratégiques souverains et stratégiques à l'Etat, en plus du renforcement de l'initiative privée créatrice d'emplois et de la garantie de la liberté d'investissement privé...."


Donc bon vent à ce courant fédérateur et porteur d'espoir.
La Tunisie nous montrerait-elle le chemin de la démocratie réelle loin des égos et de la course effrénée vers le pouvoir ?