"Notre printemps est un printemps

Qui a raison "

Paul Eluard



lundi 24 octobre 2011

Le peuple a voté !

Aujourd'hui lundi attente fébrile des résultats !

On peut déjà se réjouir de l'exercice de démocratie que vient de vivre la Tunisie, d'une part en organisant des élections qui globalement se sont bien passées et ensuite du fort taux de pourcentage des tunisiens qui ont tenu à s'exprimer par le biais du bulletin de vote. Il s'agit déjà d'une grande victoire et d'une revanche sur des années de silence et de baillonnement.

Maintenant il est clair que Ennhada raflera une bonne partie des sièges. Il appartiendra aux différents partis politiques démocrates d'oublier les querelles partisanes, de mettre de côté les égo, de se regrouper et de faire front pour une réelle avancée démocratique.

lundi 17 octobre 2011

A qui profite l'instabilité ?


Après les manifestations de vendredi condamnant la chaîne Nessma pour la diffusion du film "Persépolis", hier dimanche, une manifestation pacifique a regroupé à Tunis plus de 5000 personnes pour la liberté d'expression et contre  l'extrémisme.

Dessin "La Presse" du 17/10/2011

A moins d'une semaine des élections, la situation reste complexe et tendue et chaque évènement peut être prétexte à manifestation et provocation. La question à se poser est  à qui  profitent ces troubles ? qui ? quels groupes ? quels états ? ont des raisons pour perturber les élections et pour affaiblir une Tunisie en marche vers la démocratie ?

Photo "Business News"



samedi 15 octobre 2011

Fête de l'Evacuation

La campagne électorale suit son cours avec ses discours et débats assez stéréotypés, avec son lot de coups bas, d'intimidations, de négociations secrètes, d'alliances bizarres, voire de violences... 

Aujourd'hui 15 octobre c'est férié. 
Le gouvernement provisoire a remis au goût du jour la célébration du 15 octobre 1963 (mise à l'écart sous Ben Ali) et qui s'appelle la Journée de l' Evacuation.

Evacuation des forces françaises puisque c'est le 15 octobre que le dernier soldat français a quitté le territoire tunisien après 82 années de présence militaire en Tunisie. Rappelez vous que l'indépendance de la Tunisie date de 1956 ! 
Mais les tunisiens (sous Bourguiba) ont dû batailler sans relâche car  les forces militaires françaises étaient implantées dans tout le pays et De Gaulle entendait bien y rester . Entre temps il y a eu la fameuse bataille  de Bizerte (base navale)  en juillet 1961 où de nombreux tunisiens y laisseront leur vie, on parle même de carnage. Mais ce n'est donc qu'en 1963 que Bizerte sera définitivement abandonnée par les Français, Bizerte étant selon Bourguiba "la dernière séquelle de l'ère coloniale".

jeudi 13 octobre 2011

Le bus citoyen

Jeudi - jour de marché à Houmt Souk

Peut être le moment adéquat pour mieux "sentir" cette période pré électorale.
Eh bien , les djerbiens vaquent tranquillement à leurs occupations, les commerçants attendent les clients, les touristes se promènent ou profitent encore du chaud soleil à la terrasse des cafés. Rien ne laisse présager que dans 10 jours les élections  donneront  une nouvelle donne à ce pays.
Pourtant, à côté des panneaux électoraux le bus citoyen stationne. Grâce à cette initiative citoyenne et apolitique 3 bus ont sillonné l'ensemble des gouvernorats. 

Le Bus citoyen s’est donné une mission de participer à la réussite de ce processus électoral en expliquant sur le terrain pourquoi il est important d’aller voter. Des bénévoles formés partent dans les 3 bus du projet selon des parcours bien définis rencontrer la population dur les marchés, les entreprises et les usines de toute la Tunisie. Toutes les questions sont abordées : le déroulement du vote, les modalités d’élection, le fonctionnement et les prérogatives d’un parti, d’une liste électorale et de l’assemblée constituante.
Le bus citoyen à Houmt Souk



Personne à bord, certes il est déjà midi ! les animateurs attendent. C'est donc l'occasion de discuter un peu avec eux de leur vision des choses. Composé uniquement de bénévoles, leur bus a déjà sillonné les régions du sud. Et si l'accueil de la population est en général très favorable à cette initiative, il est tout de même difficile de convaincre les gens de participer à ce vote. Regret de l'un des animateurs : la Révolution s'est faite grâce aux jeunes et ils ne représentent sur les listes électorales que 12% des inscrits ! 
Faut il y voir, en Tunisie comme ailleurs une méfiance vis à vis des partis politiques organisés ?  



dimanche 9 octobre 2011

Débats, programmes et panneaux

Eh bien me voilà plutôt frustrée en cette période pré électorale de ne pas pouvoir suivre les joutes des candidats à la radio ou à la télé ! Moi qui en général raffoles de ces débats ! 
Normal, tout ce passe en langue arabe.
Je ne peux donc me repérer que par rapport aux commentaires de la presse et au ressenti de mon entourage.
Difficile donc de suivre les pérégrinations des divers partis en lice vu la multitude affichée : partis, mouvements et indépendants. Une vraie jungle ! De plus les quelques partis politiques du devant de la scène s'ingénient à  brouiller les pistes en utilisant d'autres noms, par exemple le FDTL (Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés) se fait appeler Ettakatol, le Pôle Démocrate et Moderniste el Qobt...  et j'en passe ! De quoi y perdre ses petits !

Alors quand on pense à la majorité des tunisiens qui n'ont que peu de culture politique, on les imagine plutôt déroutés. Quant aux programmes, lorsque programme il y a , ils ont l'air de tous se ressembler et font appel uniquement à de grands concepts. Alors comment faire la différence ?
Le tunisien semble fatigué et blasé. Fatigué car depuis la révolution peu de choses ont changé dans sa vie quotidienne (hormis la liberté de parole). Blasé , car il n'est pas dupe devant l'accroissement exponentiel des candidats qui briguent un mandat...
Sur Facebook, existe une page qui se nomme "la révolution nous a réunis, les partis nous divisent . C'est tout dire....
D'après un sociologue, lu ce matin dans "la Presse", le tunisien orientera son choix en se basant sur des motifs personnels ( influence de la famille, des voisins, connaissance d'un candidat etc...).
Pour le moment, il reste encore en retrait par rapport aux nombreuses émissions radio télévisées , il se veut plutôt observateur, voire indifférent par rapport aux nombreux meetings qui, il faut le dire,  ne déplacent pas les foules... 
Quant aux panneaux électoraux, parlons en. Déjà il faut être sur des escabeaux ou des échasses pour pouvoir lire les programmes !

Panneaux électoraux à Midoun

Encore de nombreuses cases vides !







mercredi 5 octobre 2011

Retour pluvieux

Un été loin de Djerba... un retour précipité... et nous voilà déjà en octobre !

Retour pluvieux. Retour heureux ? 

Mardi , j'ai imité les nombreux djerbiens. Armée d'un balai et d'une raclette, l'objectif était d'éliminer l'eau des cours et des terrasses... En effet orages, tonnerre  et pluies ont été le cauchemar de beaucoup, même s'il faut s'en réjouir pour le monde agricole.  L'eau ne parvenant pas à s'écouler assez vite sur la terrasse, notre chambre avait l'air d'une piscine.... Donc branlebas de combat, heureusement ici ce genre d'ennui domestique se gère assez bien, le carrelage se nettoie et les tapis sèchent au soleil. Mais dans la ville, les gens doivent faire attention où ils mettent les pieds et de nombreuses rues ressemblent tout simplement à des lacs.... Il est vrai qu'avec un réseau d'assainissement assez faible voire inexistant, ces pluies diluviennes ont apporté aussi leurs lots de catastrophes pour les uns et les autres. 
En fait c'est surtout dimanche que l'épisode orageux a été le plus important avec des trombes d'eau se déversant sur l'île. La foudre est tombée sur Ras Rmel (l'île aux flamants roses) incendiant  même une paillote...

De ce fait, peu de temps encore pour me remettre à scruter la situation de la Tunisie.
Le 1er octobre a marqué ici le lancement officiel de la campagne électorale. Pour l'instant assez frileuse et timide semble-t-il . Est ce dû à la nouveauté de ce processus ? au manque d'expérience des candidats ? aux interrogations des électeurs potentiels ? 
En tout cas, l' ISIE (instance chargée des élections) entend encadrer au mieux cette grande première : meetings, affichages, listes, subventions etc... et elle note toutes les infractions de la plus flagrante (incendie d'un panneau d'affichage ) à la plus bénigne (format des affiches) ! Mais dans l'ensemble cela a l'air de se passer pas trop mal . L'ISIE a notamment rappelé que 

le décret-loi interdit la propagande dans les lieux de culte et de travail ainsi que la distribution des programmes électoraux par les agents des autorités publiques, tout comme il prohibe l'incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination.

Mais j'entends au loin quelques grondements de tonnerre, le soleil s'est caché et le temps s'obscurcit. Il est peut être prudent d'aller chercher mon linge qui sèche et de clôturer pour aujourd'hui cette page...