"Notre printemps est un printemps

Qui a raison "

Paul Eluard



samedi 26 novembre 2011

Femmes tunisiennes

Une femme à l'honneur en Tunisie.

Radhia Nasraoui - Photo TAP

Radhia Nasraoui a reçu le prix "Roland Berger" pour la dignité humaine . Ce prix créé par une fondation allemande a également été décerné à un journaliste syrien et à un avocat égyptien. Radhia Nasraoui , avocate, grande figure militante en Tunisie, est une fervente défenseure des droits de l'homme depuis de très nombreuses années.

Dans le même temps, les femmes tunisiennes restent vigilantes comme elles l'ont montré lors du sit in du 23 novembre devant le siège de l'Assemblée Constituante. En effet, depuis plusieurs mois, avant même l'arrivée de Ennhada au pouvoir, soit par excès de zèle soit que les extrémistes en herbe se croient tout permis, de nombreux incidents à l'égard des femmes ont été notées , surtout à Tunis et dans les grandes villes : professeurs femmes en jupe agressées, filles sommées de se voiler, refus de mixité etc... 
C'est le jeu de tous les extrémistes de pousser le bouchon pour voir jusqu'où cela ira. Il y a certains prêches dans les mosquées qui prônent un retour à la polygamie... Nous ne tarderons pas à savoir jusqu'où veut aller ce nouveau gouvernement avec les nominations des futurs ministres et leur feuille de route..

Hier c'était la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Et la situation tunisienne n'est pas une exception, que ce soit dans presque tous les pays du monde, même si les lois prônent l'égalité et la liberté , dans les faits, dans les huis clos des maisons, dans les entreprises, les femmes sont encore trop souvent victimes du machisme des hommes.

jeudi 24 novembre 2011

Evolutions arabes

Alors que la Tunisie semble prendre le chemin de la démocratie, qu'en est il des autres pays arabes dont les peuples se sont soulevés il y a près d'un an.



Au Maroc  journée importante ce vendredi  élections législatives anticipées pour les Marocains. Le roi choisira le nouveau Premier Ministre dans le parti arrivé en tête aux élections. Il s'agit d"élections proportionnelles par listes.
La nouvelle constitution n'a pour l'instant pas changé grand chose et le Mouvement du 20 février reste en alerte.

En Libye si la dynastie Kaddafi est hors d'état de nuire avec l'arrestation de Seif el Islam, si un nouveau gouvernement de transition s'est enfin autoproclamé ce mardi , la situation reste difficile. Le gouvernement  est déjà vivement critiqué à  l'intérieur du pays. La feuille de route s'avère difficile entre la reconstruction du pays et le nécessaire désarmement des combattants.

L'Egypte fait parler d'elle, contrairement aux autres pays, car les opposants ont réinvesti la Place Tahrir et peut être est ce plus spectaculaire ? Les élections législatives prévues lundi auront elles bien lieu après les affrontements qui ont eu lieu dans tout le pays pour demander la fin du pouvoir militaire. La répression policière a été massive et dure, difficile ensuite après ces évènements de revenir à des élections calmes et sereines.

Au Yemen les violences continuent malgré l'éventuel départ du Président Saleh et la signature d'un accord avec l'opposition parlementaire.

Quant à la Syrie c'est un vrai casse tête. La Ligue Arabe s'est enfin prononcée mais hélas n'a guère de poids toute seule . Elle en appelle donc à l'ONU et envoie un dernier ultimatum à Bachar . Quant à la répression, elle est à l'image de la dictature des Assad, atroce. Ne parlons même pas de l'économie exangue et de la vie quotidienne des syriens depuis 9 mois ... On a coutume de dire que l'effondrement de Bachar déstabiliserait la région. Mais d'autres voix se font entendre.

Une étape de plus !


Le gouvernement de transition de l'après Ben Ali se retire.
Hier, le 1er ministre, Béji Caïd Essebsi a présenté  la démission de son gouvernement au Président de la République Fouad Mebazaâ. En attendant les prochaines nominations, BCE gérera les affaires courantes.
Les rumeurs vont bon train en ce qui concerne les différents portefeuilles à pourvoir et les tractations continuent.

Par ailleurs c'est à une femme Meherzia Laabidi qu'est échu le poste de vice présidente de l'Assemblée Constituante.

A signaler pour approfondir les rapports entre les 3 grands partis au pouvoir,  le blog Tunisie libre de Thierry Brézillon sur Rue 89.

Pendant que la Tunisie s'essaie à la démocratie, la contre révolution n'est pas loin...
Dans certaines régions, Gafsa et Kasserine de violentes émeutes ont été perpétrées (certainement attisées) l'une pour protester contre les résultats du concours de la Compagnie de Phosphates (plus de 2500 emplois créés, la majeure partie dans les régions sinistrées) et l'autre pour protester contre la liste des martyrs de la révolution (non encore validée par la Constituante). Cela sent la provocation. Toujours est il que le couvre feu a été décrété dans la ville minière de Gafsa.


mercredi 23 novembre 2011

Qui est Mustapha Ben Jaâfar ?

Elu hier à la tête de l"ANC (Assemblée Nationale Constituante), Ben Jaafar a prononcé hier son discours d'investiture. Discours consensuel et conciliant certes, mais il a cependant rappelé que le mandat de l'Assemblée Constituante ne devait pas dépasser un an et qu'il fallait placer l'intérêt de la nation au dessus de tout.

Mustapha Ben Jaâfar - Photo Business News



M. Mustapha Ben Jaâfar, élu, hier, président de l'Assemblée nationale constituante, est né le 8 décembre 1940 à Tunis.Après des études secondaires au Collège Sadiki, il a obtenu son Baccalauréat en 1956 et poursuivi ses études en France couronnées par un doctorat en médecine. Il a rejoint le parti du Néo-Destour et milité au sein de l'Union Générale des Etudiants de Tunisie (UGET) jusqu'à 1968.De retour de France en 1970, il a participé à la fondation de l'hebdomadaire Erraï (l'Opinion) et du Conseil des Libertés (1976), ancêtre de la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH) dont il sera vice-président de 1986 à 1994.En 1978, il est membre fondateur du Mouvement des Démocrates Socialistes (MDS).Durant la même année, il occupe le poste de professeur à la faculté de médecine de Tunis et de chef de service de radiologie à l'Institut Salah Azaïez jusqu'en 1981, année à laquelle il est désigné chef de service du centre hospitalo-universitaire La Rabta à Tunis. En 1994, M. Mustapha Ben Jaâfar fonde le parti du Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL).Il participe à la création du Conseil National des Libertés en Tunisie (CNLT) en 1998. En 2009, il présente sa candidature à l'élection présidentielle mais elle est rejetée "pour vice de forme". M. Ben Jaâfar est marié et père de 4 enfants.

mardi 22 novembre 2011

L'Assemblée Constituante se met en place

Il s'agit bien d'une journée historique qui fera date pour la Tunisie.
Un mois après les élections, on a assisté ce matin à la séance inaugurale de la toute nouvelle Assemblée Constituante sortie des urnes le 23 octobre.

Moment historique donc, ouvert par le député le plus âgé de l'Assemblée, moment qui a commencé par l'Hymne national puis s'est poursuivi par une récitation de la Fatiha en hommage aux martyrs. Puis l'actuel Président Fouad Mebaaza a pris la parole pour rappeler les actions entreprises depuis le 14 janvier. 

Photo TAP

Le premier travail de cette Assemblée sera d'élire à la majorité son Président .
A priori, tout est joué d'avance et les postes clés ont bien été verrouillés après des tractations sans fin.

Pendant ce temps, à l'extérieur, de nombreuses personnes et associations s'étaient réunies afin de clamer haut et fort qu'elles souhaitaient que les valeurs de la révolution : dignité, égalité homme / femme, liberté d'expression, ne soient pas remises en cause.

lundi 21 novembre 2011

La Tunisie attend ses touristes !

Je deviens paresseuse !
Mon précédent post consistait en longues citations prises dans l'excellent article de Sakri Khiari.
Et maintenant je ne trouve rien de mieux que de mettre l'accent sur cet article d' "Investir en Tunisie" en le reproduisant intégralement !
Mais c'est pour la bonne cause !


La principale cause invoquée pour la défection des touristes est leur peur du manque de sécurité en Tunisie. Or, depuis la Révolution du 14 janvier à ce jour, jamais un touriste n’a été ni dérangé, ni molesté, ni agressé, encore moins blessé ou tué.
Aucun attentat terroriste ou autre n’a été perpétré. Les régions touristiques ont continué à mener une vie tranquille, paisible et sereine.
Alors, d’où vient cette peur ? Des images qu’on voit à la télé ?
Les Tunisiens ont fait leur Révolution pour la démocratie, la dignité et la liberté. Maintenant qu’ils l’ont faite, en sont-ils punis ? Est-ce en signe de représailles que les touristes ne viennent pas ?
En fait, ils viennent en Tunisie pour passer des vacances bon marché dans des clubs fermés en tout inclus. Il ne leur pas été demandé de faire de la politique, ni de prendre position, ni de se mêler des problèmes internes. Ce sont des invités de la Tunisie. Ils sont les bienvenus. Ils sont les hôtes de ce pays. Ils seront bien protégés, choyés. Ils passeront un séjour à la hauteur de leurs attentes et retourneront chez eux bien contents.
Ne font-ils pas un amalgame entre la politique et le tourisme qui est une activité économique ?
Cet amalgame s’est amplifié depuis la victoire du mouvement Ennahdha aux élections du 23 octobre. Déjà, ils ont classé la Tunisie comme pays islamiste, donc intégriste, donc terroriste. C’est grave ! Ils se posent les questions : vont-ils interdire la vente des boissons alcoolisées ? Vont-ils obliger les femmes à porter le voile ? Un peu de retenue ! Ils vont un peu vite en besogne. La Turquie est bien un pays dirigé par un parti islamique et la femme du Premier ministre se couvre bien la tête ; et pourtant les touristes y vont par millions.
Les Tunisiens ne se laisseront pas faire et resteront constamment vigilants, jaloux de leurs acquis et de leur liberté.
Alors, chers amis touristes, débarrassez-vous de vos préjugées et de vos craintes infondées.
C’est maintenant qu’il faut venir en Tunisie, pays ami.
Afif KCHOUK 

Commentaires sur la révolution à l'occasion des élections

Lu ce matin sur Nawaat, un long article que je trouve très intéressant pour une meilleure compréhension de la scène politique tunisienne. 

Il est dû à Sadri Khiari qui reprend avec tout le recul nécessaire, et à la lecture des résultats des élections, la genèse de la révolution, les luttes d'influences qui ont suivi, les rapports de forces politiques, comment la rue (la Kasbah) a réussi à imposer ses vues. Il revient aussi à la façon dont est perçu Ennhada, la bipolarisation modernes vs islamistes, le concept de "tunisianité"... Bref un article qui remet les pendules à l'heure et dont je donne quelques extraits pour ceux qui n'auraient pas le courage de le lire dans son intégralité. 


Les nombreux commentaires qui ont suivis ces élections interprètent les conflits politiques en Tunisie à travers une grille de lecture eurocentrée, en termes d’opposition droite/gauche, conservateurs/progressistes ou modernistes/islamistes. Or, ce qui caractérise la Tunisie actuelle ce n’est ni une simple opposition entre exploiteurs et exploités, ni la contemporanéité de sphères modernes et de sphères pré-modernes mais, constitutive d’une même modernité, la juxtaposition au sein des rapports sociaux de modalité de pouvoir capitalistes et de modalités de pouvoir inscrites dans la dépendance coloniale toujours réelle.
L’hypothèse stratégique d’une « transition dans l’ordre », fondée sur un compromis entre élites, à même de préserver les principales institutions du régime (et notamment le RCD), n’était pas irréaliste. Cependant, la profondeur de l’hostilité suscitée par le système Ben Ali a contraint les cercles dirigeants de l’État – et sans doute de nombreux opposants – à faire de nouvelles concessions à la volonté de rupture exprimée par les mobilisations populaires.

En inscrivant la laïcité au cœur du débat politique ou en faisant d’Ennahdha le parti à abattre, les courants « modernistes » ont contribué ainsi à mettre Ennahdha au centre du jeu politique et à faire du respect de l’islam le seul enjeu identifiable dans la grande confusion qui a marqué cette campagne. Les partis démocratiques et de gauche qui ont refusé de participer à la polémique engagée par les « modernistes » se sont eux-mêmes trouvés contraints de se positionner d’une manière ou d’une autre par rapport à cette controverse. Or l’islam constitue le repère le plus familier et le plus proche du quotidien culturel des Tunisiens. 

La référence à la tunisianité permet, sans se trahir en apparence, d’orienter la Tunisie vers le nord de la Méditerranée plutôt que vers l’« Orient ». Cette référence, qui repose sur l’identification entre identité, communauté nationale et État-nation, selon le modèle promu par le modèle européen, permet en outre d’insérer la Tunisie dans cette trajectoire historique prétendument universelle que l’Occident veut imposer au monde. Enfin, cette tunisianité privilégie l’histoire des régions côtières, urbanisées, étatisée, « réformistes » du pays, l’histoire des classes moyennes et de la bourgeoisie et relègue son autre histoire, celle des profondeurs de l’ouest et du sud du pays, celle de ces mêmes couches populaires qui ont déclenché la révolution, à la non-histoire. Je n’irais pas plus loin sur cette question qui mérite une exploration plus précise. Mais ces quelques éléments à peine ébauchés me paraissent déjà fournir des points d’appui pour saisir les enjeux que camouflent les imprécations contre l’« intégrisme islamique ». Je les dis brutalement : écarter les classes populaires les plus défavorisées (qu’elles soient sensibles aux thèses islamistes ou non) des lieux de pouvoir et ancrer la Tunisie dans l’histoire de l’Europe.  

La révolution est un moment et un mouvement. Le moment où « ceux d’en haut » ne peuvent plus « gouverner comme avant », selon la formule classique de Lénine, et où « ceux d’en bas » sont décidés à ne plus être « gouvernés comme avant », le mouvement à travers lequel le peuple s’empare du politique – pour lui-même. Le moment a triomphé avec la fuite de Ben Ali ; le mouvement a été interrompu, ou peut-être simplement suspendu, au cours des événements qui ont suivi la défaite de Kasbah II. Ainsi, bousculé par la mobilisation révolutionnaire, le processus politique entamé avec le départ de Ben Ali est allé plus loin que les arrangements d’une « transition dans l’ordre », négocié au sommet. Il a pu imposer une rupture profonde, une rupture sans doute « dans l’ordre », pour parler comme la Maison blanche, mais qui, dans le contexte de la révolution arabe en cours, pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de libération aux classes populaires. Il faut espérer qu’au slogan « le peuple veut la chute du régime » en succède un autre : le peuple veut que le gouvernement lui obéisse.
  


vendredi 18 novembre 2011

C'est la saison des dattes

La saison de la récolte des dattes bat son plein. Elle dure à peu près deux mois et demi et permet de garantir 
" près de deux millions de journées de travail dans les régions de production, notamment au niveau du gouvernorat de Kébili, qui accapare, 70% de la production nationale. Plus de 50.000 agriculteurs travaillent dans la production de dattes".

Le palmier dattier est la principale ressource et richesse du Jérid, cette région du sud tunisien. 
Qui ne connait pas la "deglet nour" c'est à dire les doigts de lumière. On doit d'ailleurs cette appellation à Aristote !!!  
Exportées et consommées en France ou ailleurs après les étapes de conservation et de transport, elles restent très bonnes mais consommées ici, en branches, naturelles, elles sont divinement savoureuses. 




Si dans les oasis, le palmier vit "la tête dans le feu du ciel et les pieds dans l'eau",  il abrite sous ses palmes  d'autres arbres fruitiers tels que figuiers, grenadiers etc... dont les feuillages lui permettent de conserver une certaine humidité à ses pieds.

Véritable arbre de vie, dans le palmier tout est utilisé : 
le bois pour les maisons, les puits, 
les palmes pour faire des nattes, des couffins mais aussi les pêcheries dans la mer, 
les épines pour faire des brochettes ou des aiguilles à tisser,
les fruits bien sûr,  
les noyaux comme combustibles pour les bédouins,
enfin, la sève "le legmi" que l'on boit frais ou fermenté, un délice que l'on peut trouver vendu le long des routes... Dans le commerce, on trouve la thibarine (un alcool de dattes aromatisé) mais qui n'a rien à voir avec le legmi.


Extrait du blogdemalika.bloguez.com


Aujourd'hui reconnue comme un trésor diététique, les anciens savaient déjà exploiter la datte et la savourer ! La tradition arabe dit qu'il y a 365 façons de cuisiner la datte ! Excellente source de fibres alimentaires, les dattes sont aussi riches en polyphénols, potassium, magnésium, vitamines etc... De plus elles ne sont pas grasses et sont sans cholestérol ! Que demander de plus !
Leurs qualités nutritives en ont fait également et depuis longtemps un fruit riche en symboles : douceur, fertilité etc....
D'ailleurs, lors du Ramadan, le jeûne est rompu  en mangeant une datte.






A essayer : pour soigner un rhume ou un mal de gorge , faire infuser 100gr de dattes dans un litre de lait bouilli et boire en infusion ou utiliser en gargarismes !

mercredi 16 novembre 2011

Ambiguïtés


Les tractations vont bon train. 

Alors qu'hier dans la journée tout semblait plié nom du 1er ministre Hamadi Jebali (Ennhada), président de la république (Ettakatol) et président de la constituante (CPR) et que circulaient même les listes des ministres avec les portefeuilles de la culture et de l'éducation à Ennhada ! et un ministère de la Femme à Souad  Abderrahim (genre de Sarah Palin ou de Christine Boutin) qui a jeté l'anathème sur les mères célibataires !

Nouveau rebondissement :  hier soir, rien ne va plus. En cause (entre autre, car je ne maîtrise pas tout !) la sortie de Jebali évoquant l'arrivée d'un 6ème khalifat en Tunisie en faisant référence à l'histoire et à la civilisation politique et religieuse de la Tunisie ! et bien sûr la lutte pour le poste suprême entre Ben Jaafar et Marzouki !

 La Presse du 15/11/11

Enfin le gros problème ce sont toutes ces rumeurs, ces ambiguïtés qui planent sur Ennhada , les déclarations des uns savamment  reprises ou niées par les autres... La Tunisie est toujours dans le flou . Alors régime parlementaire ?  régime présidentiel ? rien n'est encore joué . 
Sans compter sur les "querelles byzantines" attisées par la presse et les réseaux sociaux. Quant aux tunisiens, ils attendent !

dimanche 13 novembre 2011

La Tunisie, laboratoire de la démocratie ?

Difficile de faire le point après un si long silence et sans avoir suivi de près les analyses, tribunes et discussions qui s'étalent à longueur de journaux et sur le web. 
Cependant en faisant ma revue de presse ce matin, je m'aperçois que les choses n'ont pas tant évolué que cela.

La Tunisie s'apprête à une autre journée historique, celle du 22 novembre qui verra la séance inaugurale de l'Assemblée Constituante.
Pour mieux border cette nouvelle étape, le Centre tunisien du Droit constitutionnel pour la Démocratie (Cdcd) a travaillé sur une feuille de route minutieuse qui prévoit les modalités de fonctionnement de cette instance et qui devrait permettre de faire face à de nombreuses éventualités.
Intéressant de voir comment se "fabrique" la démocratie....

Sinon, pour ceux qui voudraient quelques analyses complémentaires, j'ai repéré un article de presse qui dit en reprenant les chiffres que seulement 50% des tunisiens ont voté et que parmi les suffrages exprimés plus d'un million sont allés vers des candidats non représentés à la Constituante, ce qui fait dire à l'auteur de l'article que 

tous les partis élus qui feront partie de l’Assemblée Constituante ne représentent qu’une minorité du peuple tunisien.
et que la majorité silencieuse n'a pas dit son dernier mot...

Toujours est il qu'actuellement se trame un jeu subtil d'alliances et que beaucoup prônent un gouvernement d'union nationale.  S'il est clair que le CPR de Merzouki et le FDTL de Ben Jaafar veulent une part (et une bonne part) du gâteau , que feront les autres partis ? 
Car qui dit démocratie, dit aussi pouvoir et contre pouvoir. Qui restera dans l'opposition pour contrer des réformes néfastes ? Car n'oublions pas que c'est encore une année de transition qui s'annonce avant les prochaines élections, les législatives, et qu'il faudrait alors que se mette en place une opposition claire pour préparer une alternative solide.

mardi 8 novembre 2011


Aux lecteurs (assidus !) de ce blog, quelques explications pour ces pages blanches depuis plus d' une quinzaine de jours !!!. Mais mes devoirs (et plaisirs) de grand-mère m'ont poussé vers la France et mes petites filles, les "petits poussins" comme disait  Papou... 
Et puis au retour sur Djerba journées denses, très denses entre cartons, nettoyage, déménagement, et re cartons à défaire et re nettoyage sans oublier la Fête de l'Aïd qui se concrétise par une abondance de viande sous toutes les formes pendant 2 jours !!! 

Dans le prochain post, nous reprendrons le fil des évènements puisque ces journées s'avèrent importantes pour les tunisiens qui font l' apprentissage de la démocratie et de la chose publique.

Et si cette année la Fête de l'Aïd a dû être austère pour de nombreuses familles, cette trève aura sans doute été mise à profit par les partis politiques pour peaufiner, discrètement, les alliances à sceller, et les stratégies à mettre en place pour enfin s' engager dans l'après élections.