"Notre printemps est un printemps

Qui a raison "

Paul Eluard



lundi 31 décembre 2012

Douz : le Festival du Sahara

Et quel Festival !
 
Malgré de faibles moyens, malgré une organisation qui laisse à désirer, magré des conditions de sécurité à faire pâlir tout occidental ce Festival est superbe parce que vrai, authentique, et pris en compte par toute une cité et ses habitants ! Quelque chose de chaleureux, d'humain s'en dégage...
 
Tant pis si le slougui refuse de courir après le lapin !
Tant pis si le dromadaire qui allait gagner la course se détourne à 3 mètres de l'arrivée !
Tant pis si le méhariste termine sa course à pied derrière son chameau !
Tant pis si les musiciens ne sont pas vraiment à l'unisson !

 
 
Mais quelle surprise de voir tant de gens rassemblés !
Toute cete foule venue en famille de la Tunisie entière ! 
Quel émerveillement dans cette tribune de la Place H'nich où le regard porte au loin sur les premières dunes !
Quelle joie d'encourager les méharis pour leur marathon !
Quel plaisir de déambuler ensuite parmi les cavaliers qui arborent le bel harnachement de leurs chevaux ! toutes ces broderies colorées !

 
Quel découverte de rencontrer ces méharistes avec leurs dromadaires aux selles les plus diverses : les sculptées, les tapis multicolores, les pompons de laine !
Quel bonheur d'écouter vibrer à chaque coin de rue les tambours et les zokra des gougous, les karkabous des nomades algériens !
Et enfin quel plaisir de déguster la fameuse tabga du désert !

 

vendredi 28 décembre 2012

Noël à Douz

A Douz, c'était la fête ou plutôt le Festival ...

Cette année c'était la 45ème session de ce Festival International du Sahara qui a connu sa toute première en 1910 sous le nom de "Fête du dromadaire"  car il s'agit bien ici de célébrer cet animal si cher au coeur des nomades.

Douz, petite oasis tranquille aux portes du désert, s'était transformée pour l'occasion. Pendant 4 jours, les Mrazigs, nomades ou semi nomades tunisiens  y accueillent des nomades venus d'autres régions. Etaient présents cette année des algériens, des libyens et des égyptiens , c'est l'occasion de faire connaître leur culture et leurs traditions et de proposer au public des scènes de la vie quotidienne, des chants, des danses etc...

Alors, que je vous raconte ...
Par quoi commencer ? 
 
La foule Place H'inich - Douz
 
D'abord la foule, très nombreuse, qui vient de la Tunisie entière pour voir  les "spectacles" proposés par ces nomades. En fait il ne s'agit pas de spectacle mais plutôt de tableaux vivants : la course de cavaliers avec des chevaux sur leur "31" harnachés de cuir, de broderies... le marathon des méharis sur leurs fières montures blanches ou brunes... les sloughis qui fondent sur leur proie à toute vitesse... un combat de dromadaires... mais aussi des jeux comme le hockey sur sable, sans oublier une impressionnante "danse des cheveux" par des jeunes femmes aux tenues colorées.
 
 
Festival de Douz 2012
Parallèllement ont lieu dans la ville des expositions, des joutes oratoires, des conférences, un festival du film documentaire sur le Sahara et surtout une multitude d'animations diverses où l'on retrouve les "artistes" du Festival...

Mais ce qui en fait la beauté c'est surtout le cadre de ce Festival, magnifique et je dirai même même sublime ! Imaginez vous que la scène c'est tout simplement une immense esplanade , délimitée par quelques tentes bédouines, avec au centre un puits . Quant au "décor" de  fond de "scène"  ce sont les premières dunes du désert qui donnent sur l'immensité du Sahara. Difficile à décrire et pourtant une sacrée émotion !
 
Enfin, c'est l'atmosphère de la ville elle-même : la petite bourgade tranquille bruit de milles musiques, on y rencontre cavaliers sur leurs fières montures, dromadaires qui chaloupent et font les yeux doux, "hommes bleus" du désert, méharistes tout de blanc vêtus, robes et chèches multicolores... un festival de bruits et de couleurs...

mardi 18 décembre 2012

Noël à Djerba

Alors, comment passe-t-on Noël à Djerba ?
Eh bien ici Noël ne se fête pas ! pas d'affolement dans les magasins, pas de quête de cadeaux, pas d'illuminations ! Je sens que ça réjouirait certaines !!!
Noël est tout simplement un jour comme les autres !

L'an dernier, avec mes petites filles nous avions décoré l'auricaria du jardin avec boules, guirlandes, coquillages et os de seiches peints .... du plus bel effet !
Cette année déco minimum , juste pour ne pas oublier que c'est Noël et rester en phase avec la famille restée en France ...

A Djerba , quelques boutiques proposent guirlandes et articles de Noël pour les nombreux résidents européens...
 


Et puis une initiative, pour la première fois un marché de Noël... Dans les jardins de la Résidence Toumana, en zone touristique, un petit marché où l'on peut trouver quelques stands d'artisanat et des produits locaux...



Mais l'important , ce que l'on ne peut pas trouver ici, c'est l'ambiance , l'atmosphère ...

Pour moi qui ai bien connu les marchés alsaciens , Noël c'est aussi et surtout  la froidure, sortir dans la nuit pour courir les villages illuminés, tous plus beaux les uns que les autres, c'est se balader dans les marchés,  humer un verre de vin chaud pour se réchauffer, sentir l'odeur de la cannelle , sans oublier les petits gâteaux , les délicieux " bredele", toutes ces sensations qui , avant même la fête de Noël, vous grisent et vous mettent en condition pour faire du 24 décembre un jour particulier où ce qui compte surtout c'est la joie qui brille dans les yeux des enfants et la famille réunie...
 
Mais cette année, ce sera juste un jour comme les autres... ou peut être pas ? (à suivre ...)

vendredi 14 décembre 2012

La récolte des olives bat son plein (3)

3ème et dernier épisode de cette saga .....
 
L'huile, cet or vert, est ramené à la maison et immédiatement stocké dans une cave prévue à cet effet. Seule, la "mater familias" en détient jalousement  la clé. Te souviens tu Eric de la visite de la cave, toi qui fus un visiteur privilégié !!!
Il faut dire que ça représente un trésor, son  revenu annuel.

Avant tout partage entre les membres de la famille (mère, fils, filles), il y a d'abord, tradition oblige, le prélèvement d'une sorte d'aumône, la  "zakat".
Pour se prémunir du mauvais oeil et envisager sereinement la production de l'année suivante , une petite  partie de cette huile est offerte gratuitement aux voisins ainsi qu'aux nécessiteux du quartier . Avant on donnait un litre, aujourd'hui les bouteilles d'eau minérales ou de soda qui servent de contenant font 1 litre1/2 alors  on donne 1litre et demi !

 
 
Vient ensuite le partage de l'huile dans la famille selon des règles immuables et codifiées qui parfois donnent lieu à des querelles sans fin...
Dans la famille, une partie de l'huile servira de revenus à la mère, restée veuve,  puis une autre est distribuée  pour la consommation annuelle de chacun. D'abord les fils, puis les filles...
 
Une fois les olives ramassées , il convient de nettoyer les champs , ne pas laisser les feuillages à terre, les familles font appel à des spécialistes qui viennent tailler les arbres.  Par ailleurs, des charrettes passent dans les oliveraies pour  récupérer les branches... Tout est revendu : les feuilles comme aliment pour les chèvres , quant au bois il sera transformé en  charbon de bois pour alimenter les canouns, les chichas etc...
 
Selon un vieil adage, rien ne se perd , tout se transforme....  
et permet ainsi toute une économie vivrière pour bon nombre de famillles....
 
La saga des olives se termine ici ... mais la cueillette, elle, continue ....
 

mardi 11 décembre 2012

La récolte des olives bat son plein (2)

Après l'épisode n° 1 : la cueillette, voici la fabrication de l'huile.

Il y a quelques années encore existaient  à Djerba bon nombre d'huileries traditionnelles, les "maasara".
Généralement souterraines, pour permettre une température constante et un déversement des olives par l'extérieur et par le haut , on les repérait grâce à leur architecture particulière notamment leur coupole. Les musées de Djerba ont tous reconstitué ces huileries ce qui permet d'en voir et d'en comprendre  le fonctionnement.

 
 
Aujourd'hui, elles sont remplacées par des huileries mécanisées que l'on repère, non plus par l'architecture mais par l'odeur caractéristique qui s'en dégage ...
 
Si le principe est le même, il s'est quelque peu "modernisé".
 
Les champs de la famille étant dispersés, nous avons donc pris rendez-vous pour  apporter un premier lot d'olives et le déverser dans les cases prévues à cet effet.



Ensuite l'huilier entre en jeu, les olives sont lavées, séchées sous pression d'air pour retirer les dernières feuilles, puis elles sont broyées par des broyeurs métalliques donnant naissance à une pâte "les grignons" qui est encore malaxée  et centrifugée et fait l'objet d'une décantation pour que toute l'eau en soit extraite et ne reste plus que le nectar. L'huile est immédiatement stockée dans des citernes pour être pesée. Puis on remplit les fûts apportés par le client.

 
Ici pas d'argent échangé. On paie en nature. C'est le pesage qui permet d'évaluer le prix puisque l'huilier se rémunère directement : sur 100 litres extraits , il en conserve 10 pour lui qu'il pourra revendre .  
 
Il revendra aussi les grignons dont les bestiaux moutons, chèvres et chameaux sont friands, les gens de Tataouine venant s'approvisionner jusqu'à Zarzis.


  
Une fois transportée à la maison, l'huile sera l'objet d'un partage et d'une comptabilisation très précise dont je vous ferai part lors d'un 3ème épisode...

Pendant ce temps là, la cueillette continue et ce malgré la persistance du vent qui ne facilite guère les choses et qui a le pouvoir insidieux de faire en sorte que le sable s'insinue partout. Alors, gare aux yeux !!! Mais les cueilleurs tiennent bon car le travail est loin d'être achevé...

En plus ils sont préoccupés par la grève générale prévue ce jeudi 13 et qui a valeur de symbole et de test entre le syndicat UGTT et le pouvoir , notamment Ennhadha. Il faut rappeler qu'il y a une semaine , à l'occasion de la célébration du 60ème anniversaire de la mort de son fondateur  Farhat Hached (assassiné sous le protectorat français), le siège de  l'UGTT a été attaqué et des militants ont été sauvagement agressés par des milices pro Ennhadha...

 

mercredi 5 décembre 2012

La récolte des olives bat son plein (1)

L'année dernière , à la même époque, je parlais  de la récolte des olives.
 
Mais cette année, pour la première fois,  j'ai le plaisir de participer à cette cueillette !
Certes c'est fatiguant, éreintant (et encore je n'y vais pas tous les jours), mais l'ambiance est sympathique et conviviale. Pour les anciens, rappelez vous nos moissons et nos vendanges !
 
C'est sur les terres de Zarzis que se situent bon nombre d'oliveraies que l'on peut découvrir depuis la route,  s'étirant à perte de vue . Pour moi, elles sont toutes semblables , mais le spécialiste vous fera remarquer qu'il existe de nombreuses variétés d'olives. A Zarzis, c'est la chemlali , petite olive mais riche en huile , mais il y a aussi la zalmati et la zarrazi...
 
Ici , c'est d'abord une histoire de famille. Tout le monde participe , soit à plein temps, soit après la journée de travail. Et puis il faut dire qu'il est de plus en plus difficile de trouver des journaliers qui acceptent de faire ce travail même si les campagnes durent un mois ! Difficile à comprendre dans ce pays où les gens manquent de travail !
 
Certaines familles  s'installent et dressent une guitoune, une tente, dans le champ à traiter.
 
 
 
Il faut d'abord étendre au pied de l'olivier de  grandes bâches sur lesquelles tomberont les olives . Puis chacun son travail, tout se fait manuellement, généralement les hommes (mais j'ai aussi vu des femmes) grimpent dans les arbres ou sur les échelles pour traiter les branches du haut , pendant que d'autres s'occupent de celles du bas au moyen d'un espèce de peigne.
 

 
 
Pendant ce temps, d'autres femmes séparent les olives des feuilles tombées sur la bâche, sans oublier celle qui est préposée à la cuisine ... car il faut bien nourrir tout ces travailleurs. Et là aussi, pour le repas, par habitude,  c'est hommes d'un côté, femmes de l'autre,  on s'installe sur une natte pour avaler le plat du jour, pâtes, macaronis et hier c'était même couscous au blé et à l'orge avec un verre de l'ben (lait fermenté), un délice pour moi...  
Tout ce petit monde parle, discute, il y a les histoires qu'on raconte, des rires, des apostrophes, voire des chants, mais aussi des moments creux, des moments de silence dans cette grande oliveraie chauffée par le soleil mais aussi balayée par le vent frais.... et puis un petit "rouge-gorge" qui s'approche tout près pépie et nargue les cueilleurs ...
Pour la cueillette il faut bien s'armer, c'est à dire se couvrir, de la tête aux pieds sans oublier les gants pour se protéger à la fois du soleil, du froid mais aussi de la poussière et du sable qui tombent des oliviers lorsqu'on les peigne...
Chaque cueilleur peut récolter 60 à 80 kg d'olives par jour. D'abord mises dans des couffins, les olives sont ensuite vidées dans des grands sacs qui seront portés à l'huilerie, mais ça c'est la suite de l'histoire ...
 
Pour tout savoir sur l'huile d'olive, cliquer ici. 

jeudi 29 novembre 2012

Siliana au coeur

 
Depuis mardi l'ensemble de la population de Siliana (ville située à 120 km au sud ouest de Tunis - région verte, agricole, pourvue de quelques industries agroalimentaires elle est aussi truffée de sites archéologiques) est dans la rue , soutenue par les syndicats, les associations et la majorité des partis politiques.
 
A l'origine manifestation pacifique pour attirer l'attention du gouvernement sur cette région déshéritée où aucun changement n'a eu lieu depuis la révolution (chômage de masse : 6600 chômeurs dont 4000 diplômés de l'enseignement supérieur - source UGTT) . Malgré des demandes réitérées depuis des semaines auprès du gouverneur pour entamer des discussions sur le développement possible de la région et ne voyant rien venir la population excédée s'est lancée dans un sit in qui a dégénéré suite à des jets de pierre. Le gouverneur (nommé par Ennhadha) est clairement mis en cause devant son incapacité à ouvrir le dialogue, à proposer des réalisations concrètes et à relancer les activités économiques.
A celà s'ajoute la demande de libération de prisonniers politiques incarcérés depuis avril 2011 pour fait de grève générale et non encore jugés.
 
Depuis mardi donc, la population est dans la rue exigeant le départ du gouverneur aux cris du désormais célèbre  "Dégage !".
 
Aux jets de pierre, les forces de l'ordre ont immédiatement répliqué par une répression brutale, puis par des gaz lacrymogènes et l'usage de balles réelles. Les forces locales ont été remplacées par des forces de l'ordre venues d'ailleurs , et les affrontements se sont intensifiés hier. On dénombre  plus de 150 blessés (selon le gouvernement) , l'hôpital régional ne pouvant faire face, de nombreux blessés ont été transférés à Tunis.
 
Le 1er ministre Jebali se refuse au départ du gouverneur et campe sur ses positions, il entend bien de ne pas céder devant les manifestants. Le dialogue n'est pas à l'ordre du jour comme sur tous les autres problèmes qui surgissent ça et là. A l'heure où j'écris ces lignes, il semblerait que les forces dites "de sécurité" se soient retirés de la ville.
 
Ces manifestations, ces revendications sociales pourraient facilement s'étendre et pourtant elles  sont traitées avec une extrême légèreté  sur le fond et une brutalité sans commune mesure sur la forme.
Le calme est précaire à Siliana ... et Siliana me semble bien seule...
C'est pourquoi aujourd'hui, j'ai Siliana au coeur.
 
Pour suivre tous les articles sur ce sujet une seule adresse : thalasolidaire !

 

samedi 24 novembre 2012

Aujourd'hui c'est l' Achoura !

Un bruit de tambour, des cris et rires d'enfants .... et puis bientôt un coup de sonnette !
Vite, ai - je bien des chocolats et bonbons à distribuer ?
 
Aujourd'hui, on fête l'Achoura (de Achara: dix, le 10ème jour de l'année), eh oui nous sommes aujourd'hui le 10 Moharrem de l'année 1434 selon le calendrier musulman !
 
A l'origine fête judéo - musulmanne , l'Achoura  est célébrée différemment dans le monde musulman : synonyme de deuil pour certains (elle commémore la mort tragique du petit fils du prophète Hussein lors dela bataille de  Karbala), journée où l'on rend visite aux morts , ce peut être aussi une journée de jeûne (pour expier tous les pêchés de l'année),  mais je crois qu'elle s'est transformée en une fête populaire , joyeuse et bruyante... où l'on allume de grands feux de bois et où l'on peut faire bombance...
 
Dans mon souvenir, je me rappelle qu'au Maroc elle était associée aux enfants vêtus de neuf ce jour là et à qui l'on offrait des jouets...
C'est l'occasion de manger des douceurs , de type fruits secs ... Ici en Tunisie, les traditions culinaires varient  aussi selon les régions : poulet aux vermicelles, couscous aux oeufs et  raisins secs ... Ce sera certainement la recette de ce soir !
 
Alors, bonne fête et bon appétit ! Chahya tayba !
 
La photo du couscous sera peut être pour demain !

vendredi 23 novembre 2012

Pas de tapis rouge pour la Culture !

Je relaie hélas avec tristesse cette info dont j'avais déjà entendu quelques échos à la radio ....
C'est un article paru dans Kapitalis sous le titre "Quand l'abrutissement des peuples est organisé par l'Etat !" et il est édifiant à lire...
 
"La dernière Foire du livre de Tunis augure une belle régression, une plongée dans l'obscurantisme religieux, la médiocrité intellectuelle et le mauvais goût."
 
Que dire également des Journées Cinématographiques de Carthage : 24ème session pour cette Biennale du cinéma arabe et africain , le plus ancien festival des cinémas du Sud  qui se tient du 16 au 24 novembre.
 
La photo de l'affiche a déjà créé un buzz à ellle toute seule.. D'abord pourquoi faire appel aux créateurs tunisiens puisqu' il existe des banques où puiser des images toutes prêtes !
Quant à la nomination plus que tardive d'un "organisateur "..... elle est à l'aulne du reste...
En ce qui concerne la programmation , elle a divisé les cinéphiles...
entre le dernier film de Nouri Bouzid (censuré selon certains, non projeté pour des raisons techniques selon d'autres), les grands noms du cinéma tunisien ont été  "oubliés" lors des invitations...
 
Selon le documentariste Hichem Ben Ammar
«On est effectivement en plein naufrage! L'État se montre de plus en plus incapable de préserver les acquis de ce festival qu'il traite de manière purement bureaucratique. La nomination tardive, par le ministère de la Culture, de la direction du festival, est à l'origine de tous les handicaps». ..Il estime que «l'inexistence d'un bureau permanent (si souvent réclamé) est aussi une des tares de cette manifestation créée en 1966 et qui ne capitalise pas sur les expériences réussies.»

Enfin sur le web peu d'articles où faire son miel si ce n'est celui ci paru dans Mille & 1 Tunisie sous un titre pas très enthousiaste : JCC : Le dernier Mirage .

Alors attendons le bilan !

Les films primés à voir sur Mag 14

mercredi 21 novembre 2012

Tunisie / Union Européenne : entre promesses et réalités

 
 
L' Union Européenne et la Tunisie viennent de signer ce 19 novembre un accord selon lequel la Tunisie accède au statut de partenaire privilégié de l'UE.
 
Faut il oui ou non s'en réjouir ?
La première réponse serait d'emblée oui, oui et oui. 
 
"Cet accord prévoit une consolidation de la coopération entre les deux parties prenantes ayant trait à divers domaines, à savoir : la recherche scientifique, les affaires sociales, la circulation des personnes (en la facilitant par le biais d’une approche globale concernant la question de l’immigration), la création d’emplois (notamment dans les régions démunies) ainsi que l’aide financière. Bref, l’UE s’engage envers la Tunisie, sur une période de cinq années, à lui apporter l’assistance technique et financière à même de hisser les secteurs de l’économie nationale et par ricochet, ériger la position de la Tunisie dans la sphère méditerranéenne. De quoi nous en mettre plein la vue !"

 
Mais lisons entre les lignes et en y regardant de plus près , on s'aperçoit qu' en dehors d'un premier point de vue formel mis en avant par le Front Populaire de Mr Hammami :
 

"un gouvernement provisoire n’est pas habilité à négocier des accords stratégiques qui engagent la Tunisie sur le long terme ... (sans compter que) l’ensemble des partenaires sociaux n’aient pas été consultés au préalable dans les négociations de l’accord, a de même été motif de contestation"

 
Il existe aussi de nombreux points qui posent question et qui semblent n'être , qu'une fois de plus, que de la poudre aux yeux ! 
D'abord , sur le principe , quid de la réciprorité ? notamment en matière d'appels d'offres ! on a bien dit partenaires ? non ? comme d'habitude ce seront les intérêts du plus fort qui primeront... et la liberté de circulation des personnes sera-t-elle la même dans les deux sens ?
 
Si les résultats escomptés de ce partenariat se dessinent sur trois grandes lignes : le doublement des aides financières, l’accessibilité des produits agricoles au marché européen et la promotion des industries tunisiennes.
 
Selon plusieurs personnalités du monde politique et économique tunisien ,
 
  le statut privilégié avec l'UE "renforce la dépendance économique et nuira à l'indépendance de l'économie nationale tunisienne".
"la Tunisie ne pourrait aucunement concurrencer les pays européens dans les secteurs agricole et des services d'où la Tunisie devra accepter par étape les différentes dispositions de la convention avec l'UE".

"Du côté du secteur agricole, et eu égard à l’état des lieux actuel, les produits que la Tunisie pourra exporter sur le marché européen ne seront nullement compétitifs....  "
" L’ Union européenne affiche un intérêt particulier à la Tunisie et aux pays de la région méditerranéenne, craignant les perturbations d’ordre politique et social ..."
 
et n'ayant qu'en tête la question comment fermer les portes à l'immigration (c'est moi qui rajoute) . Voir à ce sujet le positionnement de la France de Mr Hollande : Les Tunisiens, 1ère nationalité expulsée de France à lire sur Webdo qui reprend un article de Médiapart , nous n'avons pas de quoi être fiers !
 
 
Et pour terminer et entre parenthèses , un grand clin d'oeil à Thalasolidaire sur le blog duquel j'ai honteusement repiqué les articles qu'il avait pris soin de regrouper ...

 

jeudi 8 novembre 2012

Gaz de schiste : en Tunisie aussi !

Les problèmes énergétiques étant ce qu'ils sont, aujourd'hui l'énergie à la mode est le gaz de schiste. Tout le monde en parle pour ou contre.
 
Ce gaz  d'origine naturelle se trouve dans certaines roches et pour pouvoir l'exploiter il faut fracturer ces roches ceci entraînant  de nombreux effets indésirables tels que risques sismiques, pollutions irrémédiables des sols et de tout ce qui vit, consommation massive d'eau et bien évidement problèmes de santé pour les hommes ...
 
Mais c'est bien là le dernier souci des sociétés pétrolières qui ne voit là qu'une rentabilité supplémentaire et flairent un nouveau bon créneau et se précipitent donc sur les gisements à exploiter.
 
La Tunisie , comme la France, possède elle aussi de forts potentiels de ce gaz.
 
Le gouvernement tunisien a conclu il y a 2 mois en toute discrétion un accord de principe avec Shell prévoyant l'exploration en 2013 de différents bassins dans 4 régions du pays !  Le principal argument du ministre est économique il  prétexte  l’épuisement dess ressources en gaz et  l’envolée des coûts de l’énergie...
Bien sûr, comme à l'accoutumé, l'ANC n'a pas été consultée, ni les experts et encore moins les tunisiens ! Aucun débat public n'a eu lieu.
 
Mais heureusement la société civile veille !
 
Plusieurs dizaines d'écologistes et d'experts ont manifesté, ce mercredi 7 novembre 2012, devant le ministère de l’Industrie pour protester contre les déclarations du ministre de l’Industrie au journal « Al Maghreb » en date du 2 novembre 2012, faisant état d’ un accord définitif accordé à la société Shell, et ce en dépit du danger que représente cette technique d’exploration et son impact écologique grave sur la santé des Tunisiens.
 
Photo DirectInfo
 
Et pour couronner le tout , voici qu'intervient le Qatar ! Il pourrait devenir le principal actionnaire de Shell !
"Et voici que l’on apprend, que ce sont des fonds d’investissements qataris qui pourraient également indirectement contrôler l’exploitation du gaz de schiste dans notre pays."

lundi 5 novembre 2012

Vive les couples mixtes !

Aujourd'hui je prends le parti de poster sur un thème largement rebattu dans le forum Expat Blog Tunisie et ce que je pourrai appeler les relations hommes / femmes . A traduire par  tunisiens / voire djerbiens versus européennes.
Les messages fusent de toute part, chacun campant furieusement sur ces positions. Il y a ceux qui connaissent cette situation d'après les nombreux témoignages laissés sur internet et qui font état d'une véritable institution de chasse aux euros via les sentiments "le bezness". Il y a celles qui en ont été victimes et sont donc acerbes. Il y a celles qui disent moi je n'y toucherai jamais. Il y a celles qui au hasard de vacances se découvrent des sentiments pour un beau tunisien... et veulent tenter leur chance... et heureusement il y a ceux et celles qui ramènent cette question à ce qu'elle est une relation homme / femme qui ne supporte que l'intimité.
 
Ces amours ont depuis très logtemps alimenté les cancans ici à Djerba où depuis très lontemps les touristes ont craqué pour des tunisiens travaillant dans les hôtels et menant souvent une double vie.
 
Alors, oui il existe bon nombre de tunisiens qui ont pu grâce au portefeuille d'européenne consentante améliorer leur vie et celle de leur famillle !
Oui il existe des arnacoeurs, des filous, des hommes cyniques , mais là ce n'est pas qu'en Tunisie !
Oui il existe des femmmes fragiles, faibles, blessées , mais là ce n'est pas qu'en Tunisie !
Oui il existe donc des couples qui ne durent pas, qui se terminent mal, très mal avec généralement une femme éplorée, et qui rentre au pays lessivée sans rien. Tiens, ça existe aussi ailleurs , dans nos pays européens !
 
Mais il existe aussi des couples qui se forment tant bien que mal, des couples qui s'adaptent l'un à l'autre, et même des couples qui durent, qui s'installent en Europe ou en Tunisie, qui font des enfants, qui s'aiment et mènent la vie qu'ils ont choisie . Entre temps ils auront peut être galéré, soit l'un , soit l'autre, difficile de s'adapter aussi aux us et coutumes des famillles, difficile de voir sans cesse dans le regard des autres un sentiment de mépris ....
 
Mais qu'y a t il de plus beau que la mixité ? l'ouverture à l'autre ? l'apprentissage réel de la tolérance ? la notion de respect ? Toutes ces valeurs dont notre monde a bien besoin !
 
Quant à moi, élevée dans une famille qui ne lésinait pas sur les valeurs républicaines liberté/égalité/fraternité j'ai vécu et je vis toujours une belle histoire d'amour avec un tunisien. Tout aurait pu nous séparer culture, âge, religion, milieu professionnel ... mais notre histoire a maintenant plus de 20 ans !
En France on ne se serait jamais rencontrés , eh oui, on continue de se marier majoritairement dans son cercle social ou professionnel ... quoique maintenant Internet vienne faire singulièrement bouger les lignes ...
 
Alors un conseil à toutes celles qui s'embarquent dans une histoire de ce type. Il faut savoir écouter et suivre son coeur mais rester vigilant (comme dans n'importe quel couple) sur les valeurs de respect, de tolérance, sur ce qu'on est prêt à accepter de l'autre, de la famille de l'autre, de la culture de l'autre.. et ce n'est pas toujours facile ... il faut savoir savoir créer de l'échange, de la complicité et surtout de la confiance (mais pas aveugle !) et ceci comme dans n'importe quel couple !
Mais quand ça marche c'est une superbe victoire et combien enrichissante pour soi, pour son couple,   superbe victoire aux yeux des autres qui prouve que hommes et femmes peuvent s'accepter et s'aimer dans leurs différences...
 
Alors que vivent les couples mixtes ! 

jeudi 1 novembre 2012

Automne tunisien : climat délétère

Sous le titre : Escalade de la violence en Tunisie, de nouveau un bon article de Frida Dahmani à lire dans Jeune Afrique.
 
Entre les violences perpétrées par les salafistes (ne seraient ce pas plutôt des gangsters , des assassins, des bandits payés et manipulés par on ne sait trop qui ? en tout cas la religion n'a rien à voir là dedans si ce n'est une "couverture" bien pratique par les temps qui courent) ,
le laxisme et le silence de l'Etat, de cette Troïka atone,
l'insécurité qui règne où même les forces de l'ordre se sentent mal à l'aise et souffrent elles aussi du manque d'état,
à l'heure où l'on assiste à une augmentation massive des prix pour le quotidien des tunisiens,
cet automne se voile hélas de couleurs brunes....
 
L’ennemi commun désigné par les salafistes de tous poils est le parti fondé par l’ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi, qui grimpe en flèche dans les sondages. Les radicaux forcent le trait, font volontairement l’amalgame entre militants de Nidaa Tounes et RCD, ressortent même du fond des tiroirs du ministère public une affaire de complot contre la sûreté de l’État qui impliquerait aussi bien d’anciens proches de Ben Ali, dont Kamel Letaief, que des proches de Essebsi et de son parti.
Cousue de fil blanc, la manœuvre semble être aussi une diversion. Car l’essentiel de ce qui se joue en Tunisie n’est pas dans la rue, il est à l’Assemblée nationale constituante. Une première lecture de la Constitution est en cours. Le projet présenté est très controversé. Il ne mentionne pas le caractère civil de l’État, donne trop de place à la famille et fait référence aux valeurs du sacré sans tenir compte des référentiels universels. Une mouture sans créativité et liberticide, bien en deçà de ce qui était attendu après une révolution.


Lu aussi dans Business News du 31/10
 
Le hic aussi, est qu’au milieu de ces multitudes de voix qui s’élèvent partout, l’opinion publique est perdue. Personne parmi les autorités compétentes n’ose ou ne veut se prononcer avec clarté et transparence sur les véritables identités des personnes arrêtées lorsque c’est le cas. On se contente du cliché bateau : une enquête a été ouverte, il est trop tôt pour se prononcer. La justice se chargera de tirer les choses au clair et de délimiter les responsabilités.
Or, à quelques exceptions près, s’agissant – faut-il l’avouer- des cas où ce sont des journalistes ou de personnes qualifiées de laïques qui sont accusés, peu d’enquêtes ont abouti ou de sentences prononcées. Où en est l’enquête sur les tristes événements survenus le 9 avril 2012 à l’Avenue Habib Bourguiba ? Et pourtant, les vidéos, les photos et les témoignages de personnes crédibles sont bien là…
Où en est l’enquête concernant l’agression contre l’élu français d’origine tunisienne à Bizerte ? Où en est l’enquête à propos des actes de vandalisme contre le mausolée de Saïda Manoubia, s’agissant pourtant d’un monument de très grande valeur historique faisant partie du patrimoine national tunisien ? Où en est l’enquête sur le meurtre de Lotfi Nagdh à Tataouine ? Où en sont les enquêtes sur les émeutes à Gabès, à Jendouba, à Bizerte, à Sijoumi, à la banlieue Nord ? Et on en passe tellement la liste est longue !

mardi 23 octobre 2012

Un 23 octobre morose






Triste anniversaire.

Il y a un an les tunisiens votaient , lors d'élections libres, joyeuses, émouvantes et transparentes, pour élire leurs députés et les envoyer siéger afin de rédiger la nouvelle Constitution...
 

Dessin de WillisfromTunis
 

vendredi 19 octobre 2012

Passer l'hiver au chaud ...

L'automne est bien là à Djerba avec encore beaucoup de journées chaudes et les touristes présents en profitent pleinement. Dans un mois , fin novembre, arrivera l'hiver mais déjà dans le paysage djerbien , les oiseaux d'eau sont arrivés !
 
Après avoir délaissé les côtes cet été afin que tout le monde profite des plages et du bord de mer, les oiseaux  qui recherchent les zones humides reviennent peu à peu et se réapproprient leur territoire.
Pendant l'été , certains se sont éloignés et sont allés nicher plus loin au calme ...
Par contre, d'autres sont des migrateurs et ils quittent l'Europe pour le doux climat de Djerba...

En Tunisie, chaque année a lieu  le recensement national des oiseaux d'eau hivernants ici. Aux associations tunisiennes se joignent des ornithologues tunisiens et étrangers (libyens, anglais et hongrois) avec  l’appui de centres scientifiques tunisiens  spécialisés .

D'après mes lectures glanées ça et là, il y aurait 2 zones concernées à Djerba, la côte nord de l'île et la lagune de Borj Kastil. Il semblerait qu'on dénombre plus de 30 espèces différentes !


En tout cas, moi je me régale à les observer à marée basse ...

Voilà ce que j'ai déjà vu :
-des cormorans qui se font sécher les ailes sur les pilotis ou sur les barques des pêcheurs au bord de la voie romaine....
-des flamants roses , bien reconnaissables...
-des spatules avec leur bec en forme de cuillère...
-de grandes colonies de mouettes ? ou de sternes ? que j'ai du mal à différencier ...
-des hérons bien sûr ...,
-des aigrettes garzettes en bon nombre par ici...



Il faut dire que ces oiseaux trouvent facillement leur nourriture dans les eaux peu profondes . Et je pense que dès que la marée remonte ils doivent regagner leurs nids dans les marécages de sansouire ou au bord de l'eau .


En ce moment il y a une petite colonie de chevaliers gambette au large de Ghizen, on les aperçoit même du bord de la route ... Bien campés sur leurs hautes pattes, ces limicoles doivent se régaler avec des vers ou des petits crustacés... 

Tout ce petit monde vient lui aussi profiter de la douceur de Djerba ... et nous offre tout l'hiver un spectacle magnifique que l'on peut observer , entre autre,  en allant siroter un thé sur la terrasse de la Skifa....

A bon entendeur ....

 
 


 

lundi 15 octobre 2012

Gouvernement provisoire, à quand la fin ?

En tant qu'observatrice amateure de la vie politique tunisienne et n'ayant à ma connaissance que les articles de presse parus en français (j'enrage de ne pas comprendre l'arabe ! pour écouter les débats...), sans connaître non plus à fond l'histoire du pays, je me passionne pour cet après révolution et la difficile recherche de la démocratie, obérée bien souvent par les histoires de pouvoir, de suprématie des partis ou des hommes politiques au détriment du bien être de la majorité du peuple... Mais ça, ce n'est pas l'apanage seul de la Tunisie ! 
 
Alors, voici un essai de  synthèse de ce qui se passe .
L'approche du 23 octobre, qui devait être une date butoir pour le gouvernement provisoire en place, commence à affoler tous les politiques... C'est comme un coup de pied dans une fourmillière, on a l'impression que tout le monde s'agite soudain... Rajoutons à celà les déclarations de Ghannouchi dans sa vidéo "fuitée" qui explicite sa stratégie pour une Tunisie où la religion serait la base politique...
 
Ainsi il y a quelques jours, l'UGTT , un syndicat, qui fut depuis tout temps le seul contre pouvoir constitué en Tunisie a lancé pour le 16 octobre une réunion de type "dialogue national" ouvert à tous les partis sans exclusion  afin de discuter et de proposer collégialement  les dates des futures élections, la nature du futur gouvernement tunisien etc... toutes choses pour lesquels le gouvernement actuel et l'Assemblée Constituante étaient missionnées pour travailler ....
 
Or ce week end, coup de théâtre, la Troïka au pouvoir vient (bizarre, comme c'est bizarre!) de décider , comme ça , des dates des futures élections : le 23 juin 2013. Histoire de couper l'herbe sous le pied à l'UGTT et de boycotter sa proposition. Bien entendu, l'opposition fulmine !!!

Dessin de WillisfromTunis
 
Donc ça grenouille dur de tout côté ! Et l'on peut d'ores et déjà dire que le compte à rebours pour les prochaines élections a déjà commencé . Preuve en est également les nombreux regroupements de partis qui se créent ... chaque jour !
 
En tout cas pendant ce temps là les questions économiques et sociales sont hélas sur la touche !
 
Les tunisiens attendront ils encore jusqu'au 23 juin en sachant que l'activité de ce gouvernement provisoire a été complètement déstructurée du fait des alliances contre nature comme l'explique bien   Selma Mabrouk, une députée d'Ettakatol qui vient de démissionner de son parti .
 
La suite dans quelques jours !

vendredi 12 octobre 2012

Djerba sourit toujours aux touristes

Malgré l'épisode de fièvre qui a touché Guellala la semaine dernière et qui continue de perturber le ramassage des poubelles sur l'île, et malgré les négociations qui se poursuivent ??,  Djerba reste calme et continue d'accueillir les touristes comme à son habitude....



Houmt Souk

Houmt Souk

Hier jeudi, jour de marché, c'est avec plaisir qu'on pouvait voir les touristes se promener, s'extasier devant l'étal des poissonniers, baguenauder, regarder les vitrines, échanger quelques mots avec les djerbiens, s'arrêter ici dans un commerce, là pour siroter un verre de jus d'orange...







Extrait de Mille et Une Tunisie

"Les recettes touristiques, qui constituent l’une des principales sources de devises étrangères de la Tunisie, ont repris pour atteindre 1,8 milliard de dinars tunisiens (882,29 millions d’euros) pour la période comprise entre janvier et août 2012, soit une augmentation de 35,3% par rapport à la même période en 2011. Les revenus du secteur ont cependant diminué d’un tiers au cours de 2011.
Un léger mieux mais...Le tourisme tunisien a relativement réussi à tirer son épingle du jeu en sauvant une saison chahutée par la situation délicate du pays. En baissant leurs tarifs malgré des coûts d’exploitation qui ont explosé, les hôteliers sont parvenus à endiguer la chute de la fréquentation mais à quel prix ?

En attirant les adeptes du tourisme à forfait, la destination, déjà handicapée depuis des années par le faible taux de dépenses locales des visiteurs par rapport à d'autres destinations comme le Maroc ou l’Egypte, limite ses revenus. Après la Révolution, l’impact de la chute du régime libyen, pays limitrophe, la difficulté structurelle du secteur et la crise de la zone euro, le tourisme tunisien tente d’amorcer un changement indispensable pour repartir sur de nouvelles bases. Pour cela, il a besoin d’investissements touristiques qui restent encore timides" ...

mardi 9 octobre 2012

Un Front de Gauche tunisien ?

C'est de dimanche que date l'acte de naissance d'un nouveau parti d'union.
 
Après l'explosion et la multiplication des petits partis et mouvements de l'après Révolution où chacun ne pensait qu'à tirer son épingle du jeu, il semble que les politiques comprennent enfin que l'heure est grave et qu'il ne faut plus tergiverser mais oeuvrer pour les prochaines élections (été 2013 ?) et faire en sorte que le peuple tunisien puisse clairement se situer et voter pour des projets de société.  
 
Photo de Kapitalis
 
Ce nouveau parti  "le Front Populaire" se situe clairement à gauche pour s'opposer à Ennhadha et à la Troïka ainsi qu'à Nidaa Tounes de Béji Caïd Essebsi et à Al Joumhouri de Néjib Chebbi.
Il  rassemble 11 partis ( gauche ouvrière , nationalistes arabes, écologiste) et a clairement pour objectif :
"la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale constituante (Anc). Et pour causes : le premier a montré son incapacité à réaliser les objectifs de la révolution et à régler les problèmes du pays, alors que la seconde n’a pas accompli la mission pour laquelle elle a été élue : la rédaction de la constitution."
 
Photo de Kapitalis
 
En photo Hamma Hammami qui s'exclamera dans son discours inaugural : 
 
"Ils se sont servis des Droits de l’Homme, et veulent en priver le peuple tunisien. Pourquoi donc ont-ils choisi les pays démocratiques pour leur exil et non ceux où règne la chariaâ ? Pourquoi n’ont-ils pas choisi l’Arabie saoudite"
 
Mais pour avoir plus d'informations, il suffit de cliquer sur le post de mon collègue bloggueur
 "Thala solidaire" dont j'apprécie le blog...
 

dimanche 7 octobre 2012

Djerba : violences pour défendre l'environnement...

Que se passe-t-il à Djerba ?
On entend dire violents affrontements à Guellala.... de Sidi bouzid à Djerba c'est l'engrenage de la violence....
 
Alors remettons les pendules à l'heure !
Djerba est sous les ordures depuis plus d'une semaine !!! (Moi qui ai vécu à Marseille, c'est une situation que  je connais bien ....)
 
Et voilà ce qui se passe lorsque les autorités sont dans l'incapacité de gouverner,  de tenir leurs engagements, de gérer une crise ...
 
Déjà en avril dernier un premier sit in aurait dû alerter les autorités : les habitants de Guellala étaient excédés par une décharge proche des habitations (et non conforme) avec son lot d'odeurs nauséabondes, d'oiseaux qui peuvent apporter des maladies, de contamination de la nappe phréatique....
 
A la suite de quoi , après bon nombre de réunions et de concertations, une Commission officielle a établi un rapport accablant allant dans le sens des habitants. Depuis, rien n'a changé ! Aucune décision de prise ! Finies les réunions de concertations !
 
Et puis il y a quelques jours, les digues des bassins ont cédé, les eaux usées se sont répandues dans les terres environnantes....
 
Donc nouveau sit -in ce samedi , car que faire lorsque vous êtes dans votre bon droit et pas du tout écouté par l'administration et les autorités ? Auprès des habitants il y avait également diverses associations qui étaient en relation avec les représentants du Ministère de l'Environnement. Finalement, il semblerait que ce dernier ait pris la décision de fermer cette décharge d'ici ...2013.
 
Ceci n'a pas été du goût de tout le monde et  les habitants (ou certainement un noyau dur d'entre eux)  s'en sont pris aux symboles du pouvoir : postes de police etc... Mais la réplique des forces de l'ordre a semble-t-il été disproportionnée : nombreux renforts, gaz lacrymogènes, balles caoutchouc....
La presse déplore 49 policiers blessés mais combien parmi les manifestants ?
Dans la presse généraliste tunisienne à ce jour ou dans la presse française, que du sensationnel on s'arrête au mot violences, policiers blessés,  peu d'informations réelles et vérifiées.
 
L'article le plus complet est celui trouvé dans  Nawaat dont le titre résume tout à fait le problème :
"Guellala : un désastre écologique à l'origine de violents affrontements entre les forces de l'ordre et les habitants"

jeudi 4 octobre 2012

Liberté - "J'écris ton nom"

J'ai écouté hier sur une chaîne tunisienne le témoignage de la jeune femme violée par les policiers.  Bien sûr je ne parlerai pas de la teneur de l'interview (bien que j'en ai eu quelques traductions) mais je voudrai parler du ressenti que j'en ai eu .
 
Le jeune couple n'était pas à l'image, et leurs  voix étaient masquées. Ils s'exprimaient tour à tour répondant aux questions du journaliste sur les faits qu'on leur reproche. Les voix trahissaient les interrogations, les incompéhensions, la souffrance, le mal être .. jusqu'aux sanglots... Même l'expression et la voix du journaliste étaient affectées par cette histoire ...
 
Ce que je voudrai en retenir c'est ceci :
Avant sous Ben Ali ce genre de choses se passait également mais ça ne parvenait jamais à la presse (qui n'en aurait pas parlé d'ailleurs), et encore moins aux oreilles du public...
Avant sous Zaba, les gens n'osaient pas parler de ces choses là, sous peur de représailles....
Avant sous Zaba, une femme n'aurait jamais exposée son histoire aux yeux de tous. Chouma !
Avant sous Zaba, jamais elle n'aurait oser affronter le regard des autres, de la société qui l'aurait immanquablement accusée !
 
Aujourd'hui après le 14 janvier 2011, les gens osent parler, les gens osent défendre leurs droits !
Ils ne se laissent plus acheter, ils ne se laissent plus intimider !
Quel courage a eu ce jeune couple !
 
Aujourd'hui après la Révolution, il y a un acquis sur lequel personne, ni aucun policier, ni aucun gouvernement, ne pourra plus revenir : c'est la liberté de parole, la liberté de s'exprimer surtout quand on sait quand on est dans son bon droit !
 
Et si c'est ce seul acquis irréfutable qu'a permis cette Révolution jusqu'ici , eh bien c'est déjà une grande victoire. C'est pourquoi je ne doute pas que la Révolution tunisienne ira jusqu'au bout. Certes,  ce sera long, éprouvant, ce sera avec des périodes sombres, des périodes de recul,  mais le peuple tunisien est en marche .... pour la liberté , la dignité et l'égalité des droits.

Liberté "j'écris ton nom"

 

mercredi 3 octobre 2012

Chouette de Tunisie

Aujourd'hui, un post un peu plus léger... quoique...
 
Dans mon quartier pourtant proche de la campagne je ne remarque pas une grande diversité d'espèces en matière d'oiseaux. 
Mais tous les jours , j'ai la visite de deux chouettes et maintenant chaque soir je les attends !
 
J'avais en mémoire que les chouettes étaient des rapaces nocturnes et que leur cri "ouh ouh ouh" était un hullulement... (à moins que je ne confonde avec les hiboux)...
 
Eh bien, il me faut remettre tous mes savoirs en question...



Mes amies les chouettes "bouma" en tunisien sont des chouettes chevêche.
On les appelle aussi "Chevêche d'Athéna". De les savoir attribut d' Athéna, la déesse de la sagesse me les rend tout de suite sympathiques... 
Je les vois apparaître en fin d'après - midi et quequefois même en pleine journée ! Je les remarque tout de suite par les cris qu'elles émettent . Lorsqu'elles volent elles poussent de petits cris perçants qui font parfois penser à un miaulement  puis elles s'installent sur le faîte des maisons ou sur les fils électriques . Elles sont de petites tailles, trapues, et je pense qu'elles doivent nicher dans le champ d'oliviers voisin.



Mr et Mme Bouma (s'agit il d'un couple -légitime ou non- je dois avouer que je n'en sais rien...)
restent parfois immobiles de longs moments côte à côte , puis Monsieur s'envole, revient ... 
Je les ai même surpris en flagrand délit de caresses et de bisous !!!
 
Heureusement pour elles, aucun " barbu " ne passe dans la rue car de nos jours elles pourraient vite se retrouver accusées "d'atteintes aux bonnes moeurs et d'obscénités sur la voie publique"...

vendredi 28 septembre 2012

La colère des femmes

L'affaire qui secoue la Tunisie en ce moment a de quoi nous attrister et nous mettre en colère.
 
Il s'agit du viol d'une jeune femme par 2 policiers alors qu'un 3ème retenait son ami.
La jeune femme a porté plainte, les policiers ont été incarcérés mais le comble c'est qu'elle et son ami sont poursuivis par la justice tunisienne pour atteinte à la pudeur et voies de fait !!!
Comment de victime se retrouver accusée !!!
 
L'avocate qui a révélée cette affaire début septembre, Me Radhia Nasraoui,  vient aussi de mettre à jour le viol d'un jeune homme à Gafsa.
 
La société tunisienne s'enflamme donc pour ce fait divers. ONG, associations féminines, avocates, parlementaires ont pris nettement position accusant les islamistes d'Ennhadha d'avoir favorisé, voire encouragé les forces de l'ordre à jouer les milices morales et à  réprimer ouvertement les femmes pour leur tenues vestimentaires ou autres comportements.
 
A lire aussi dans "Leaders" , la colère des femmes de la Troïka : Karima Souid (Ettakatol), Sihem Badi et Samia Abbou (CPR), Maherzia Labidi (Ennhadha).
 
 
Voir aussi le blog de Benoît Delmas du "Courrier International".
 
Peut on parler de cause à effet ou de coïncidence , cette semaine Ennhadha qui avait proposé d'inscrire dans la Constitution le principe de complémentarité pour les femmes, vient de retirer ce projet de texte....

mardi 25 septembre 2012

Tunisie : adieu libertés ?

Ce matin, je me contente de reprendre un bel article de Jeune Afrique que je vous recommande de lire dans son intégralité ...
Attention , n'oubliez pas de lire aussi la ponctuation car dans le titre le point d'interrogation a toute son importance.
Attention, le peuple tunisien veille ....


La quasi-totalité des salariés de Dar Assabah réclame le départ du patron du groupe.© AFP


Tunisie : adieu libertés ?

Gel du code de la presse, nomination d'hommes liges à la tête des grands médias, pressions en tous genres... La volonté des islamistes d'encadrer l'information fait craindre le retour de la censure et de l'autocensure en Tunisie...


Conquêtes les plus précieuses et les plus fragiles de la révolution, les libertés nouvelles risquent d'être balayées. « À partir du 14 janvier 2011, nous avons vécu un moment de grâce rarissime, une période de liberté totale, et cette fenêtre devait se refermer. Mais elle se referme beaucoup trop, et ceux qui en sont responsables agissent comme Ben Ali en instillant insidieusement la peur dans nos esprits », s'inquiète Karim Ben Smaïl, patron des éditions Cérès...


« Le pouvoir actuel n'apprécie pas du tout la manière dont il est traité par les médias et veut absolument les contrôler en procédant par étapes. Les responsables sont nommés non pour leurs compétences, mais pour leur complaisance. »
 
... Larbi Chouikha, universitaire spécialiste des médias, ancien membre de l'Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) et de l'Instance nationale pour la réforme de l'information et de la communication (Inric), organe chargé après la révolution d'étudier les moyens d'assainir et de réglementer le secteur médiatique : « Nous avions prévu la création d'une instance de contrôle de l'audiovisuel et élaboré deux textes pour encadrer la liberté de la presse : les décrets 115 et 116, promulgués en novembre 2011 par le précédent gouvernement de Béji Caïd Essebsi. Mais le gouvernement qui lui a succédé en décembre a décidé de tout geler. Ce vide juridique lui permet de nommer sans concertation ni contrôle les personnes qu'il souhaite. »...
 
Symptomatiques du pouvoir benaliste, la censure et l'autocensure gangrèneraient de nouveau les rédactions...
 
Élément d'intimidation suprême et cheval de bataille du parti islamiste, la criminalisation de « l'atteinte au sacré » permettrait des poursuites contre quiconque dénigrerait les valeurs religieuses. ... « Ennahdha souhaite introduire la notion d'atteinte au sacré dans deux articles de la Constitution. Avec ça, on peut tuer les libertés de penser et d'expression », prévient Yadh Ben Achour...
 
Mais les dérapages que s'autorisent des journalistes sans vraie formation et une presse longtemps muselée justifient-ils les menaces que ferait peser Ennahdha sur de nombreuses autres libertés en laissant les salafistes les plus radicaux promouvoir par la violence leur vision de l'islam ? Ennahdha prône l'indulgence à l'égard de ces « jeunes égarés », mais on devine l'angoisse du parti face à leur activisme et celui de ses propres extrêmes. Pour certains, le parti serait même complice des salafistes, quand d'autres y voient sa brigade officieuse de répression du vice et de promotion de la vertu et dénoncent l'impunité dont ils jouissent....
 
Car si le ciel est lourd de menaces, si certaines peurs resurgissent, les Tunisiens répètent comme un mantra : « La transition est compliquée mais la révolution ne peut pas mourir : le peuple veille, la société civile est forte et nous protégerons nos libertés comme nous les avons conquises. » Et beaucoup insistent auprès du journaliste qui fouine : « Ce que je vous déclare là, je n'aurais jamais pu le dire sous Ben Ali. »

jeudi 13 septembre 2012

Il était une fois la Révolution ...

Après 2 mois passés en France  essayons nous à un peu d'analyse sur la situation en Tunisie et replongeons nous dans la presse tunisienne !
Mes lectures de rentrée , hélas, n'augurent rien de bon pour les mois à venir !

WillisFromTunis
 
 
La majorité (silencieuse) des tunisiens sont bien évidemment déçus par Ennhadha ce parti au pouvoir qui s'est résolument placé sur le terrain religieux au lieu de s'occuper des questions économiques et sociales, au lieu de s'intéresser à la réelle gestion de l'Etat, ou à l'avancement de la Constitution...
 
S'il y avait des élections aujourd'hui, beaucoup d'observateurs s'accordent à dire que Ennhadha courrait à l'échec...
 
Les efforts de ce parti  ont par contre porté sur la nomination partisane de  nahdhaouis à tous les échelons de responsabilité pour verrouiller le pouvoir , pour cadenasser les institutions, car c'est là son seul intérêt. Les lois concernant "les troubles à l'ordre public" offrant la possibilité de poursuivre n'importe quelle personne  et le maintien d'un sentiment d'insécurité permettent de garder la main mise sur tout ce qui bouge...
Ce qui gêne Ennhadha c'est tout simplement la démocratie qu'il s'essaie à tout prix de museler.
 
...son vrai ennemi n’est ni la gauche qui se restructure, ni Nida Tounes de Béji Caïd Essebsi qui gagne du terrain, ni l’Ugtt comme force syndicale incontournable… Le vrai ennemi pour lui est tout simplement la démocratie du moment qu’elle est la seule à pouvoir décider d’attribuer le pouvoir à un parti autre que le sien (à moins, bien évidemment, d’une nouvelle révolution ou un coup d’Etat)...
 
 
Ajoutons à cela quelques guéguerres de clans au sommet de l'Etat, une lutte d'influence géostratégique et  souterraine à coups de pétro dollars entre le Qatar (pro Frères Musulmans) et l'Arabie Saoudite (pro salafistes),  un zeste de folie venant de la Libye toute proche sans compter les armes lourdes qui se baladent dans le désert  .... voilà un cocktail détonnant pour les mois à venir !...
 
Une fois ceci posé, profitons encore pleinement de l'accueil hospitalier de Djerba, de ses charmes et de son climat de tolérance.

lundi 13 août 2012

Un 13 août pour les femmes tunisiennes

Alors que se profile un projet de Constitution qui vise au recul des droits des femmes sur le principe de la complémentarité avec les hommes , ce lundi 13 août sera une journée de mobilisation et de  protestation.

Pourquoi le 13 août ?
Tout simplement en rappel et en hommage au 13 août 1956 où par décret beylical fut promulgué par Bourguiba, alors 1er ministre, le  Code du statut personnel (le Csp) qui permettait une avancée significative des droits de la femme tunisienne .

Il donne à la femme une place inédite dans la société tunisienne et dans le monde arabe en général, abolissant notamment la polygamie créant une procédure judiciaire pour le diveorce et n’autorisant le mariage que sous consentement mutuel des deux époux.

De nombreuses associations se sont regroupées pour donner à cette journée une ampleur particulière , alliant conférences, débats, projections de films, représentations théâtrales etc... à une grande manifestation, une marche pour les droits des femmes qui aura lieu à 21h à Tunis de l'Avenue Bourguiba à la Place des Droits de l'Homme.

C'est toute la Tunisie qui célèbrera cette journée, tout comme à l'étranger où les Tunisiens de France appellent eux aussi à une manifestation.

mercredi 8 août 2012

Un grand merci pour Habiba Ghribi

Je sors de mon silence estival pour évoquer une femme, une femme tunisienne dont j'ai suivi la course à la télé et que j'ai encouragé de toutes mes forces devant le petit écran !

Il s'agit de Habiba Ghribi qui vient de remporter la médaille d'argent du 3 000 m steeple aux J.O. de Londres.

Enfin une médaille pour la Tunisie ! et une médaille d'argent !

C’est la première fois qu’une Tunisienne monte sur un podium olympique en athlétisme. Mieux : elle n'est que la 2e athlète tunisienne, homme et femme confondus, à goûter au bonheur d'une médaille olympique
.

Habiba Ghribi a dédié sa médaille à toutes les femmes tunisiennes.
« Je suis très fière d'offrir cette première médaille olympique d'une athlète tunisienne à la nouvelle Tunisie, au monde arabe et à la femme tunisienne »






Mais hélas, l'obscurantisme et la bêtise ne sont pas loin à lire ce que relate la presse tunisienne et les commentaires qui circulent sur les réseaux sociaux raillant la tenue de l'athlète...

En tout cas, au moment où la polémique est à l'ordre du jour sur les rapports homme / femme à propos d'un article de la future constitution dessinée par Ennhadha
« l'Etat assure la protection des droits de la femme sous le principe de complémentarité avec l'homme au sein de la famille en tant qu'associée de l'homme »

Habiba Ghribi donne une sacrée leçon à tous ceux qui fustigent les droits des femmes et refusent l'égalité !

Merci Habiba !