"Notre printemps est un printemps

Qui a raison "

Paul Eluard



lundi 28 mai 2012

Jours tranquilles à Djerba ?

Depuis mon retour il y a maintenant plusieurs jours, incapacité d'écrire sur la situation  en Tunisie...

Chaque jour je remets mon billet à demain...

Tout ça pour dire que la situation n'est guère brillante et n'est pas prête de s'arranger...
Les articles parus dans la presse ne laissent guère de doute même si l'on sait bien qu'ici ou ailleurs ,  les médias ont tendance à amplifier le moindre "fait divers" au détriment d'informations plus lourdes, plus complexes... mais malgré tout à voir que les actions des salafistes continuent et s'amplifient on ne peut que s'interroger sur l'absence de réaction des autorités et du gouvernement : postes de police incendiés, débits de boissons attaqués, artistes et journalistes agressés... la litanie continue.

Et ce sont les mêmes interrogations dans Business News, Kapitalis ou Jeune Afrique...

Ici à Djerba, la vie continue , apparemment tranquille, c'est le retour des touristes (jusqu'à quand ?),  les dimanches en bord de mer , les soirées qui s'éternisent  , le temps où l'on se régale des grosses crevettes (bouquet ?), les tunisiens qui troquent leurs pantalons pour les pantacourts .... C'est l'été.



jeudi 24 mai 2012

Willis from Tunis


Félix le Chat, Fritz the Cat, Garfield, Azraël, la bande dessinée regorge de chats de tout poil...
Parmi les derniers venus j’adore "Le Chat du rabbin" de Joann Sfar sans oublier un clin d'oeil aux  souris  de  "Maus " d’Art Spiegelman  mais voilà que j’ai découvert - merci Nana ! - Willis from Tunis.
Création de Nadia Khiari, peintre, dessinatrice, enseignante aux Beaux-Arts de Tunis, elle va donner la parole  à son propre chat Willis pour lui faire commenter l'actualité au lendemain du "fameux" et dernier  discours de Ben Ali le 13 janvier...
Willis va donc occuper les pages de Facebook avec son air malicieux et moqueur avant de devenir un  album publié en mars 2012 à la Découverte dans la collection Zones. Ce sera  "Chroniques de la révolution".


Avec Willis from Tunis, elle vient de se voir  discerner en avril dernier le prix Daumier dans le cadre des 2èmes rencontres de Caen "Cartooning for peace".
Nadia Khiari est aussi en charge de la Galerie Artyshow.

jeudi 17 mai 2012

Le Consulat privatise ?

C'est une nouvelle entendue ce matin à la radio qui me fait réagir violemment.
A l'heure où la France se dote d'un nouveau gouvernement plus ouvert , l'ère Sarkosy n'en finit pas de nous empoisonner avec son idéologie de protection des frontières à tout crin et de rentabilité financière  !

Depuis le 16 avril, de nouvelles procédures ont été mises en place pour les tunisiens qui veulent se doter d'un visa pour venir en France . Désormais ils doivent se rendre dans deux lieux différents  (et non voisins) au Consulat bien sûr et  dans un nouveau centre "TLS Contact" ... 

En fait le Consulat parle " d'externalisation", "de conférer des services à un partenaire extérieur " ... tout celà sent à plein nez la privatisation d'un service public ! En plus des frais de visa,  et pour ces désagréments ,  les tunisiens devront s'acquitter de frais supplémentaires , un " nouveau service" à  50 dinars ! Sans compter bien sûr d'autres services payants proposés sur place . Par contre,  les  possibilités d'urgence, telles que les hospitalisations, ou les demandes pour les journalistes et hommes d'affaires sont supprimées !

A lire pour étayer cette annonce un témoignage paru dans Kapitalis .

Vite, vite, messieurs et mesdames les politiques (vive la parité !) un peu de solidarité ,  de hauteur de vue et une nouvelle image de la France !

jeudi 10 mai 2012

Les embruns magiques de la Seguia


C’est toujours avec grand plaisir que je m’engage dans la piste qui conduit  à la plage de la Seguia. Au sein de la zone touristique, c’est un lieu (encore)  privilégié, mais pour combien de temps ?
Voilà donc un post dédié à Brigitte avec qui nous avons foulé les sables blancs de la Seguia ... en évitant les chapelets de méduses ….  
Pour se rendre à la Seguia, il suffit de repérer le phare de Taguermes, véritable signal sur cette île plate,  puis de prendre la direction de Kantara.  
Phare de Taguermes

Avant  le phare, une route sans issue conduit à la mince langue de terre (couverte d’hôtels) qui  enserre la sebkha de Sidi Garous. Cette sebkha  que les djerbiens appellent « lagouna »   ( la lagune) est un lac salé vide à marée basse mais d’un bleu intense et changeant  dès que la mer remonte. Peu profond, c’est à ce moment que les  cavaliers  le traversent , donnant un air  particulier à ce paysage . Cette lagune semblait être  autrefois  appelée  lac d’Ofar,  mais je n’ai guère trouvé d’informations à ce sujet…

Barques à la Seguia

Donc, si l’on reprend  la route en direction de Kantara , on  surplombe cette  lagune que l’on voit scintiller à travers les palmiers. Enfin on oblique à droite pour prendre une piste défoncée . La Seguia c’est d’abord une belle  plage annexée par le Club Med depuis très longtemps, c’est aussi un endroit où viennent mouiller quelques bateaux de pêche ...  ( je me souviens de crevettes grillées à bord et dégustées avec les pêcheurs...).
Lorsqu'on arrive dans ce lieu qui semble être un bout du monde, règne une atmosphère magique :  barques échouées, sable blanc, mer aux tâches allant du vert au bleu turquoise , oiseaux migrateurs, qui l’hiver,  trouvent nourriture à leur goût…
Récemment, une gargote vient de s'installer ou plutôt de se réapproprier une petite bâtisse jusqu'à présent laissée à l'abandon...

Bleu, bleu bleu et vert

Mais ce littoral est  malheureusement  très fragile et il est à craindre que la voracité  sans frein des promoteurs immobiliers ne le défigure pour en faire je ne sais quoi …  Alors dépêchez vous de profiter  encore de ce lieu,  , allez  vous abandonner aux embruns magiques de la Seguia !

mardi 8 mai 2012

Un air plus léger ....


Dégage !  c’ était le cri du peuple tunisien que je reprenais bien volontiers !
En France, il fallait d’abord virer Sarko ! Voilà c’est chose faite ! La brèche est ouverte ! C’est comme si la chape de plomb qui pesait sur nos têtes s’était crevée ! Aujourd’hui, notre air est plus léger….
Bien sûr, ne rêvons pas ! Souhaitons seulement que quelques mesures bien réelles et d’autres plus symboliques redonnent un peu d’espoir à tous ceux qui ont souffert de l’ère Sarkosy : les plus humbles, les précaires, les plus fragiles, les plus exposés, les  classes moyennes tirées vers le bas ... Ceux qui ont été rejetés, niés, insultés, diffamés par les mots et les discours d’une droite extrême ...
Savourons ce moment, savourons cette France belle et rebelle qui renaît... Mais soyons réalistes, rien n’est acquis, et ce n’est pas fini, les législatives seront un nouveau pas vers la révolution citoyenne qui est encore à venir  pour une France plus solidaire et plus  fraternelle …

mardi 1 mai 2012

Terfess ou la truffe des sables

Nouvelle découverte gastronomique aujourd'hui.

D'habitude je ne parle pas  de choses très personnelles, mais il faut savoir que mon chéri est un gourmand et un gourmet... Et au détour d'une conversation je lui parlais des truffes. Alors, ni une, ni deux, téléphone arabe et quelques jours après quelqu'un de la famille de Ben Guerdane nous apporte des truffes qu'il a ramassées lui même !

Les truffes des sables, terfess,  apparaissent en mars, avril mais rarement chaque année, tout dépend des pluies d'automne .
Après quelques recherches, j'ai trouvé cet article dans La Presse qui fait mention de ce champignon qui "garnissait les tables les plus raffinées de l'empire romain"...
J'ai appris qu'elle était aussi appelée  "fils du tonnerre" car elle  ne doit sa vie qu'aux orages...
En Tunisie, elle est peu connue, peu consommée il faut bien le dire. Toutefois,  elle se cuisine comme un légume, notamment en ragoût . C'est aussi un champignon riche en protéines, comme le note cet article de Livret Santé...

Dans ma vie je n'ai mangé ce mets qu'une seule fois en France, truffe fraîche râpée dans une omelette et c'était une véritable merveille, je me souviens que ce morceau de truffe du Périgord  avait littéralement embaumé mon frigo.... 

La terfess , elle, n'a pas cette arrogance. Alors, j'ai voulu essayer de la préparer nature, juste poêlée à l'huile d'olive avec tout simplement poivre et sel. Et là pendant la cuisson très rapide, j'ai senti un parfum envahir la cuisine.... Et puis sous le palais, douce, tendre, suave, parfumée, un régal des papilles quoi ! J'ai même saucé l'huile d'olive .... mais chut !!!

Truffe des sables


Vous voyez que la Tunisie recèle de nombreux trésors ! Pour en découvrir d'autres, notamment la Tunisie du sud, jetez un coup d'oeil au blog de Christine que j'ai inclus dans ma liste. C'est l'assurance de nouvelles découvertes !