"Notre printemps est un printemps

Qui a raison "

Paul Eluard



samedi 30 mars 2013

Un hiver sec


Eh oui la famille, eh oui les copines, je sais , vous en avez marre de cet hiver qui n’en finit pas, de toute cette pluie ! Mais rassurez-vous, les nappes phréatiques françaises sont rechargées à bloc !
Ici c’est plutôt la sécheresse.
Alors que nous prenons irrévocablement le chemin de l’été, malgré le vent qui chaque jour apporte son lot de sable dans la maison en profitant de chaque interstice, il y a de quoi nous alarmer sur les ressources en eau.
D’ailleurs, je peste tous les jours sur la pression qui faiblit et nous contraint à prendre nos douches très tôt le matin ou très tard le soir….
Cet hiver donc pas de pluies comme l’an dernier, juste quelques petites averses de nuit en janvier et février.
Sinon c’est sec, bien sec, irrésistiblement sec ! Dans la campagne djerbienne, pas d’herbe verte comme bien souvent. Et le sol du jardin est lui aussi bien sec, asséché encore par les vents qui eux ne cessent guère.
Ailleurs en Tunisie j’ai lu ceci il ya quelques jours :
« Les oasis du Jerid et du Nefzaoua sont désormais menacées d’une baisse des ressources hydriques causant ainsi un manque en eaux d’irrigation et une augmentation du taux de salinité. »

Et si la Sonede prévoit aussi une augmentation du prix de l’eau  ça ne règlera pas les problèmes de fond, gestion et alimentation de cette ressource naturelle si précieuse. Il y a une semaine environ s’est tenu à Djerba un Forum pour la gestion de l’eau en zones touristiques mais je n’ai hélas rien trouvé à lire sur ce sujet... aucune information...
 
Gageons encore que l’eau potable transportée à Djerba depuis le continent sera encore proposée en priorité à la zone touristique ! Tant pis pour les autres et pour les rares petits jardins vivriers et espaces agricoles qui existent encore sur l’île !

 
Puits artésien à Douz


 

lundi 25 mars 2013

Le Printemps de Djerba


Belle et chaude journée hier à Djerba où une association d’éducation populaire Djerbaction avait organisé une série d’animations en liaison avec les MJC du Val de Marne sous le titre « Vive l’Art Rue ».

A Midoun samedi et dimanche à Houmt Souk se pressait pas mal de monde.

Après le marché qui regorgeait de légumes appétissants : fenouil, salade, chou vert, blanc, rouge, fèves, petits pois etc… nous sommes allés faire un tour à la Marina.
Cela faisait plaisir à voir ces terrasses de café bondées de monde, ces familles qui se baladaient (nous sommes en période de vacances scolaires)... Une foule bigarrée, diverse à l’image de cette Tunisie,  des vacanciers tunisiens venus d’ailleurs,  des familles avec enfants , des djerbiennes en costume traditionnel, de jeunes couples, des kakous qui se la jouaient, quelques européens, des résidents, des « en vacances » reconnaissables à leur tenue d’été , de jeunes filles "fashion victim" bavardant gaiement avec d’autres en foulard… Une belle image en cette journée qui sentait un peu l’été…

 

Loisirs et culture reprennent ainsi leur droit après un hiver un peu morose… Rien que pour parler du grand sud, ce week-end c’était aussi l’opération de Colline en Colline en collaboration avec le Goethe Institut : des artistes d’’art contemporain intervenaient en pleine nature dans le village de Chenini. Et puis il y avait aussi à Ksar Ghilane, un week-end sous le signe du « Printemps du Sahara ».
 
Touristes, ne fuyez pas la Tunisie ! Mais venez goûter à ce pays plein de vie, de couleurs, de musique, d'histoire  et de saveurs !

 

mercredi 20 mars 2013

Devoir de mémoire

Le 20 mars devrait être pour tous les tunisiens une date historique voire festive puisque le 20 mars 1956 marque l'indépendance de leur pays  et la fin du protectorat français qui avait commencé en 1881 (en d'autres termes la fin de 75 années de colonisation et de luttes intenses pour recouvrer la liberté).
 
Or c'est une célébration à minima comme le fait remarquer le journal "Leaders".

"C'est un 20 mars bien morose que nous nous apprêtons à célébrer mercredi. Tout a été fait pour que le 57e anniversaire de l'indépendance soit une journée comme les autres. A l'instar de l'année précédente, les cérémonies officielles ont été réduites à leur plus simple expression avec une remise de décorations à d'anciens résistants dont certains à titre posthume, mais point de festivités populaires populaires à l'échelle nationale, comme s'il s'agissait d'un évènement mineur.
Qu'on le veuille ou non, le 20 mars 1956, est une date marquante de notre histoire. C’est l’aboutissement d’un long combat mené par le peuple tunisien depuis les évènements du Jellaz en 1911. Commémorer cette journée, ce n’est pas glorifier une personne ou un régime. C’est tout simplement s’acquitter d’un devoir de mémoire, c’est se libérer d’une dette envers des générations de Tunisiens qui sont morts pour la patrie."

 

dimanche 17 mars 2013

Les ballons de la liberté

Hier des milliers de personnes ont défilé à Tunis pour marquer la fin d'un deuil de 40 jours suite à l'assassinat de l'oposant Chokri Belaïd.
 
"Des milliers de Tunisiens, 10 000 selon des sources sécuritaires, 5 fois plus selon les organisateurs, ont marché sur l’Avenue Bourguiba samedi après-midi, à l’appel du Front Populaire, dans une émotion quasi intacte depuis les funérailles de Chokri Belaïd. La commémoration du dernier des 40 jours de deuil fut l’occasion d’une démonstration de force éminemment politique."
 
Aujourd'hui dans toutes les villes de Tunisie seront lâchés des ballons rouges et blancs , couleurs du drapeau tunisien, à l'initiative d'un collectif citoyen avec comme mots d'ordre :
 
"les ballons de la liberté, non à la violence"
 
Cet événement est relayé dans de nombreuses villes étrangères dont Paris, Genève, Le Caire ....
Djerba n'a pas fait exception.
 
 

lundi 4 mars 2013

Loin de Djerba

Me voici revenue en France, dans mon village , berceau de ma famille, le temps des vacances scolaires ...
 
Moi qui avait horreur du froid, de la neige, des montagnes ... je me surprends à apprécier cette blancheur qui recouvre tout, ce silence particulier que confère la neige, cette froidure qui pique et mord le visage ...
Et puis en contrepartie,  le confort ... se balader en tee shirt dans une maison bien chauffée !
 
Mais malgré tout, une partie de mon coeur est restée en Tunisie...
Chaque jour, je me rue sur la presse électronique pour y chercher des nouvelles,  sur facebook pour essayer de suivre la situation. Hélas, celle ci est bien confuse et ne présage rien de bon pour l'avenir...
 
Et pourtant, j'ai hâte de retourner là bas, même si les vols sont plus rares et plus chers, même si je me gèlerai encore un peu dans ma maison en attendant des journées plus chaudes ...
Et pourtant, j'ai hâte de retrouver mon île, mon cocon, de m'extasier de nouveau devant ces paysages, de retrouver la lagune, les oliviers, la mer ...
Et pourtant, j'ai hâte de respirer l'air de là-bas, de me réveiller de bonne heure pour voir le soleil se lever, de faire un tour dans le jardin au petit matin, de tendre l'oreille pour écouter les bruits habituels...  
 
Même si hélas Djerba n'est plus ce qu'elle était ! même si les touristes l'ont désertée, même si les administrations l'abandonnent aux poubelles et aux déchets !