"Notre printemps est un printemps

Qui a raison "

Paul Eluard



jeudi 24 octobre 2013

Résistance - Soumoud

Au lendemain de ce 23 octobre endeuillé et alors que la Tunisie est sur le fil du rasoir, tout est dit de façon sobre et forte dans ce superbe court métrage , dû à Amine Chihoub.







 

jeudi 17 octobre 2013

Gazelles et gazous


Guère envie de parler de l’état actuel de ce beau pays où 2 ans après les élections la violence s’installe et s’institutionnalise, où le pays décline, où beaucoup, lassés par les indigences des politiques, arrivent à regretter Ben Ali … et où la liberté d’expression seul véritable gain de la Révolution est en train de fondre au soleil ! Peut être un sursaut le 23 octobre ?
Alors, parlons d’autre chose !

S’il est un des symboles de la Tunisie c’est bien la gazelle !

Vous savez , celle qui se dresse fièrement sur les ailes de la flotte nationale Tunisair...

Gazelle. Ce mot d’origine arabe que l’on trouve dès le 12ème siècle ( gazal plutôt prononcé razal) renvoie à une image de beauté, d’élégance et de rapidité . Au point que les jeunes femmes sont souvent affublées de ce nom. Eh la gazelle ! qui n’a jamais été hélé de cette façon en  se promenant dans les rues ? ce terme plutôt affectueux et gentil et dont les tunisiens se servent quotidiennement a même trouvé un genre masculin pour les touristes mâles : ce sont des gazous !!!!
 
La gazelle est une espèce protégée .

« notre pays abrite quatre espèces qui sont les gazelles dorcas, les gazelles mohr, les gazelles des montagnes qu'on trouve au Chaambi et les gazelles Rim du Sahara. »
 
Et malgré toutes les attentions dont elle est l’objet, elle est en voie de disparition.

Dotée d’une vitesse de pointe qui lui permet d’atteindre 80 voire 100km/h  , elle est aussi capable de bonds impressionnants pour semer ses prédateurs que sont les hyènes et les chacals... Adaptée au climat du Sahara, elle se nourrit d’herbe sèche, de graminées, de feuilles  et boit très peu d’eau. Son pelage ras lui permettrait de réfléchir les rayons du soleil.

Espèce protégée mais malgré tout chassée par les hommes ! Régulièrement les associations et fédérations de chasseurs et d’amis de la nature dénoncent les pratiques des princes venus du Qatar, d’Arabie Saoudite et autres émirats pour s’adonner en Tunisie  à la chasse aux gazelles et aux outardes. Il faut dire  que certains tunisiens n' hésitent pas à les massacrer aussi.

Photo Tarek Nefzi dans Webdo

Selon l'article paru ce jour dans Webdo , sous la plume d'Hatem Bourial, il ne resterait plus que 3 gazelles mohr (voir photo)  et encore ce ne serait que des mâles ce qui laisse hélas peu de chance pour la reproduction...

Suite à cet article sur Webdo une mise au point de Abdelkader Jebali  dont je vous fais part: "1-les Mohor n'ont jamais atteint 80 specimens, elles ont à peine frôlé la trentaine. 2- On ne peut pas ramener des Mohor à partir de la Mauritanie pour la simple raison que ce taxon a disparu de ce pays depuis les années soixante à cause de la chasse. 3- L'union européenne n'a pas aidé la Tunisie à réintroduire cette gazelle au PN de Bou Hedma. C'est juste une coopération entre la Tunisie et l'EEZA (Estacion Experimental de Zonas Arides), Espagne. 4- on ne peut pas parler de réussite et il n'y avait aucun projet de réintroduction de la Mohor dans d'autres aires protégées en Tunisie, au moins jusqu'à la Révolution. 5- et pour terminer il faut le dire haut et fort, après l'épisode coloniale, la première cause d'extermination de la faune en Tunisie notamment les gazelles c'est le braconnage et la chasse anarchique suite à la diffusion illégale d'armes. Les premiers responsables sont des Tunisiens qui chassent toute l'année, nuit et jour et par tout ! Autre chose: SVP arrêter d'utiliser les mots introduction et ré-introduction à tort et à travers car ce sont deux mots clés et de poids dans la Biologie de Réintroduction qui est entrain de naître à partir de la Biologie de Conservation suite à la crise de la Biodiversité que vit notre planète et la multiplication des opérations de sauvetage des espèces menacées."